L'OPE lancée par UniCredit sur BPM met le Crédit Agricole au centre du jeu… >
L orsqu'à l'été 2022, le Crédit Agricole acquis 9,2 % du capital de BPM la banque mutualiste avait pour objectif de développer ses partenariats avec le troisième établissement transalpin et de décourager les velléités d'OPA de ses concurrents. Le premier point fut une réussite. La banque a bouclé, fin 2023, un accord de longue durée avec Banco BPM en bancassurance, dans lequel Crédit Agricole Assurances a acquis 65 % des parts de Vera Assicurazioni, Vera Protezione et Banco BPM Assicurazio-ni. Elle a également consolidé sa coopération avec Agos, acteur majeur du crédit à la consommation en Italie, codétenu avec Banco BPM. Le second point, en revanche, n'a pas résisté à l'offensive d'UniCredit. La banque dirigée par Andrea Orcel a pris tout le monde de court en lançant, il y a une semaine, une OPE sur BPM ébranlant l'équilibre patiemment construit par le Crédit Agricole. Cette opération place désormais la banque française face à un dilemme stratégique.
Bien sûr, la prime de 0,5 % proposée par UniCredit n'est pas de nature à placer la banque verte en éventuel vendeur. Elle pourrait envisager au contraire de contre-attaquer pour préserver ses intérêts stratégiques en Italie, son deuxième marché domestique après la France. Des informations du quotidien économique italien Il Sole 24 Ore, selon lesquelles la banque française aurait récemment conclu des accords d'échange d'actions avec deux banques d'investissement américaines, JP Morgan et Jefferies, pour passer de 9 % à 19 % du capital de Banco BPM, tendraient à valider cette hypothèse. Mais le Crédit Agricole n'a pas demandé à la BCE l'autorisation de dépasser 10 % du capital de la banque italienne. Une telle montée en puissance poserait aussi la question de la gouvernance et de l'équilibre stratégique : le Crédit Agricole serait-il prêt à assumer un rôle d'actionnaire de référence plus actif ?