Pourquoi les assemblées générales seront animées au printemps 2025 avec des changements importants chez Saint-Gobain, Vinci et Hermès >
La saison 2025 des assemblées générales des actionnaires des 120 premières sociétés françaises s'annonce d'ores et déjà comme un futur grand cru. Ces derniers mois, et depuis la saison 2024, 12 nouveaux directeurs généraux, 7 nouveaux présidents et près de 15 démissions d'administrateurs indépendants (dont le dernier en date est celui de Stéphane Israël chez Carrefour où il était aussi son référent et son président du comité d'audit) ont en effet été recensés. Une intensité rare juge la société d'analyse financière spécialisée dans la gouvernance des entreprises, OFG, qui vient de publier sa dernière étude (la cinquième) sur les enjeux des assemblées générales. « Les assemblées 2025 devront revenir sur ces événements, expliquer, rassurer et continuer d'engager les actionnaires. Dans les nouvelles configurations, nous serons particulièrement attentifs à l'entrée de nouveaux directeurs généraux dans les conseils, signe de fluidité et de confiance », explique la fondatrice d'OFG, Olivia Flahault.
Mais ce n'est pas tout. Cette année, au sein du CAC 40, 30 % des mandats d'administrateurs arriveront à échéance. « Autant 2024 était une année sans enjeu de gouvernance pour Stellantis, autant le constructeur fera l'objet de toutes les attentions en 2025 avec 66 % des mandats arrivant à échéance. Le seul enjeu est la nomination du prochain directeur général et son entrée au conseil. Et nous serons attentifs au représentant de la famille Peugeot », explique la société d'analyse financière. Autre entreprise à surveiller : Accor, où 64 % des mandats arrivent à échéance, dont celui de Nicolas Sarkozy qui sera à renouveler et donc soumis au vote des actionnaires (y compris chez Lagardère où l'ancien président de la République siège aussi). Iris Knobloch ne sera, quant à elle, plus considérée comme indépendante cette année.
Chez Teleperformance, il s'agira du premier rendez-vous avec les actionnaires pour l'entreprise depuis que Daniel Julien n'est plus son président. Chez Saint-Gobain, on connaît le nouveau casting avec l'entrée de trois nouveaux administrateurs en 2025 : Antoine de Saint-Affrique, le patron de Danone, Maya Hari, directrice générale de Terrascope, et Hans Sohlström, PDG de Stora Enso. « 50 % du conseil aura été renouvelé en deux ans, la plus faible ancienneté du CAC 40 ! », souligne l'analyste. À noter qu'il s'agira aussi d'une grande première pour Benoît Bazin devant ses actionnaires, en tant que président et directeur général. Côtés administrateurs référents et vice-présidents, le mandat de Xavier Huillard devrait être prolongé chez Air Liquide, selon OFG, « d'abord parce qu'il ne siégera au conseil que depuis huit ans, ensuite parce que la gouvernance actuelle devrait se prolonger encore un an », estime-t-elle, prévoyant en revanche le départ du conseil de Vinci de Yannick Assouad. « Nous serons attentifs au maintien d'un administrateur référent alors que la (demi) dissociation se profile entre les fonctions de président et de directeur général cette année, Pierre Anjolras devenant le futur directeur général », signale OFG. Chez L'Oréal, deux mandats de vice-présidents arrivent à échéance en 2025 : ceux de Françoise Bettencourt (représentant la famille) et de Paul Bulcke (représentant Nestlé). Chez Hermès, le mandat de Dominique Senequier arrive à son terme. La présidente d'Ardian, vice-présidente du conseil de surveillance, est considérée comme membre indépendante du board. Ce qui ne manque pas d'étonner certains investisseurs dans la mesure où Hermès mentionne dans son document d'enregistrement universel détenir 11,91 % du leader français du private equity que dirige Dominique Senequier.