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Business / Finance / 24/03/2025

Avec son investissement dans Euroclear, la CDC a marié souveraineté et rentabilité

Éric Lombard est désormais loin de la Caisse des Dépôts. Il doit même, officiellement, se tenir à distance de cette grande maison qu'il a dirigée pendant sept ans et qui vient de publier des résultats historiques. Au cours des trois dernières années, il avait mis l'accent sur les investissements de souveraineté. Ce qui l'avait conduit à regarder la société Euroclear, plus grand système mondial de règlement de livraison de titres. Au moment où la plate-forme boursière Ice s'apprêtait à vendre au fonds Silver Lake une participation significative au capital d'Euroclear, Éric Lombard et Olivier Sichel ont eu la bonne idée d'intervenir et de constituer une participation directe de 11,7 % à laquelle ils ont ajouté un bloc de 16 % détenu par la Sicovam, dont la Caisse est le premier actionnaire. Enfin, ils se sont accordés avec la SFPI (équivalent belge de la Caisse des Dépôts) pour qu'elle acquière également 11,7 % d'Euroclear. Il était temps car le fonds souverain chinois Kuri Atyak avait mis la main sur 7,25 % du capital et le fonds néo-zélandais sur 8,67 %.

Or au même moment les avoirs russes gelés dans le cadre des sanctions européennes se trouvaient gérés par Euroclear. Ce qui vaut aujourd'hui à Valérie Urbain, la directrice générale de cette institution, de bénéficier d'une protection digne de celle d'un chef d'État. Jusqu'à sa nomination comme ministre de l'Économie, Éric Lombard a siégé comme administrateur d'Euroclear. En deux ans, le bénéfice net d'Euroclear a progressé de 72 % sans compter l'impact des intérêts sur les avoirs russes qui sont dédiés à la reconstruction de l'Ukraine. Si bien que, depuis que la Caisse des dépôts est devenue actionnaire structurant de cet organisme aussi stratégique que méconnu, elle a encaissé – selon nos calculs – environ 200 millions d'euros de dividendes. Une forte rentabilité pour une participation qui lui a coûté environ 800 millions d'euros.

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