Et si Danone arrivait enfin à mettre la main sur Lifeway ? >
C'est un feuilleton à la Dallas qui se joue au sein de Lifeway, le spécialiste américain des probiotiques, dont Danone détient 23 % du capital. Antoine de Saint-Affrique, le patron du groupe français, veut prendre le contrôle de cette entreprise qui ne pèse que 314 millions de dollars. Danone s'est déjà entendu avec deux des actionnaires familiaux : Edward Smolyansky, ancien responsable de l'Exploitation, et sa mère, Ludmila Smolyansky, qui détiennent 27 % du capital. Mais Julia Smolyansky, sœur d'Edward et dirigeante et actionnaire de l'entreprise à hauteur de 18 %, est prête à tout pour barrer la route à Danone.
Le groupe français a récemment déposé une plainte contre Lifeway et son conseil d'administration accusant l'entreprise d'avoir rémunéré Julia Smolyansky avec des actions nouvellement émises, sans lui avoir demandé l'autorisation. Danone n'a pas davantage apprécié de voir la dirigeante de Lifeway se faire promettre le versement d'une indemnité de départ représentant trois fois son salaire de base ainsi que sa prime annuelle cible en cas de changement de contrôle. Au siège de Danone, on explique que Julia Smolyansky tente coûte que coûte de sauver sa tête, alors que toute sa famille est favorable à une vente au groupe français dans les conditions fixées par ce dernier. Initialement, Danone avait proposé 25 dollars, puis 27 dollars par action. Julia Smolyansky considère ce prix comme sous-évalué. Lifeway prévoit une croissance de son Ebitda ajusté qui pourrait approcher 50 millions de dollars en 2027 contre un peu moins de 20 millions en 2024.