La famille Saadé recevra cette année moins de dividendes de CMA CGM >
En l'espace de quelques années, le groupe CMA CGM est devenu un acteur important du capitalisme français. Classé parmi les trois leaders mondiaux du transport maritime, il s'est diversifié dans la logistique, rachetant le suisse Ceva puis les activités logistiques de Bolloré. Après avoir acquis 10 % d'Air France, il s'apprête à acheter les activités fret d'Air Belgium. Il a investi lourdement dans les médias en prenant un ticket de plus de 10 % au capital de M6 et payant au prix cher l'acquisition de BFM et de RMC. En plus d'une politique d'acquisitions tous azimuts, CMA CGM a largement rémunéré ses actionnaires au cours des dernières années en leur distribuant plus de 8 milliards de dollars, soit 7,67 milliards d'euros. Une manne répartie à hauteur de 73 % % auprès de Merit France, la holding de la famille Saadé, de 24 % auprès du groupe turc Yildirim et de 3 % auprès de Bpifrance.
Si les comptes du groupe pour 2024 ont été excellents avec un chiffre d'affaires en hausse de 18 %, un résultat opérationnel en progrès de 95 % et un bénéfice net part du groupe en amélioration de 57 % à 5,7 milliards de dollars, Rodolphe Saadé et le conseil d'administration n'ont pas été aussi prodigues que les trois années passées en termes de dividendes. CMA CGM a décidé de ne distribuer qu'un milliard de dollars, soit 929 millions d'euros. Un montant qui a déjà été versé à la fin de l'année 2024 sous forme d'acompte. Si bien qu'il ne reste rien à distribuer. À moins que Rodolphe Saadé ait préféré garder de côté de la trésorerie pour acquitter la contribution exceptionnelle sur le résultat d'exploitation des grandes entreprises de transport maritime qui fait partie de la dernière loi de finances.