Ilham Kadri explose les plafonds des bonus dans le capitalisme belge >
La présidente du conseil d'administration de Syensqo – société créée il y a un an à la suite d'un spin-off du groupe belge Solvay –, Rosemary Thorne est dithyrambique au sujet d'Ilham Kadri, la directrice générale. Dès la préface du rapport annuel, elle explique : « Notre CEO charismatique fait merveille pour motiver ses collaborateurs grâce à sa capacité exceptionnelle à inspirer. »
Tant mieux si elle entraîne ses équipes. Le problème, c'est qu'elle n'agit pas de même avec les actionnaires. Depuis que la société a été créée, il y a quinze mois sous ses auspices, sa valeur a chuté de plus de 40 % en Bourse. Avec une moins-value potentielle de 1,5 million d'euros pour les titres détenus par Ilham Kadri. Heureusement, celle-ci peut compter sur près de 26 millions d'euros de bonus au titre de sa gestion en 2024 et en 2023. Sans compter une prime de rétention de 7,5 millions d'euros qui pourrait se rajouter en 2026. Fin 2023, elle a reçu 12 millions d'euros pour avoir organisé la scission de Solvay. Ce à quoi un tiers des actionnaires s'étaient opposés.
On apprend maintenant que ce groupe lui a aussi versé une prime de rétention de 4,3 millions d'euros, ainsi qu'une rémunération variable de 3,16 millions. À cela s'ajoute sa rémunération comme patronne de Syensqo. Soit 2,75 millions d'euros de variable, accompagnée d'une rémunération « extraordinaire » de 3,5 millions. Et ce n'est pas tout : si la dirigeante reste en poste en 2025 et 2026, elle recevra respectivement 3,5 et 4 millions d'euros supplémentaires. Les actionnaires apprécieront lors de l'assemblée générale convoquée le 6 mai prochain.