Pourquoi Ceva a été valorisée au montant record de 9,2 milliards… >
À l'occasion d'un nouveau tour de financement qui a été bouclé il y a quelques jours, le numéro cinq mondial de la santé pour animaux a obtenu une valeur d'entreprise record de 9,2 milliards d'euros. Un montant nettement supérieur aux 7 milliards d'euros encore évoqués il y a quelques semaines et deux fois plus important que la valorisation en 2020 pour le précédent tour de financement. Ces 9,2 milliards d'euros représentent 16 fois l'Ebitda de Ceva Santé Animale et 5 fois son chiffre d'affaires qui a été multiplié par 14 au cours des 25 dernières années pour atteindre 1,77 milliard d'euros en 2024. Et dire que Ceva a été cédée en 1999 par Jean-François Dehecq, alors patron de Sanofi, à PAI qui l'avait revendu dès 2003 pour le montant dérisoire de 200 millions d'euros.
Les histoires comme celle de Ceva ne sont pas légion. Mais il existe dans les recettes qui ont fait ce succès un certain nombre d'ingrédients qui sont intéressants à analyser. D'abord, il y a une équipe de management remarquable menée par le docteur vétérinaire Marc Prikazsky. Les dirigeants et collaborateurs sont, pour 1 300 d'entre eux, actionnaires de Ceva Santé Animale et détiennent environ 23 % du capital. Mais grâce à un système astucieux de transferts de droits de vote organisé par les « Amis de Ceva », ils bénéficient de 60 % des droits de vote. Ensuite, il y a l'engagement de deux familles actionnaires de long terme. D'une part, les Bettencourt Meyers à travers le véhicule Téthys Invest que dirige Alexandre Benais. D'autre part, avec les Mérieux, actionnaires depuis 2014. À l'occasion de ce nouveau tour de financement l'Institut Mérieux, contrôlé par la famille Mérieux avec la famille Agnelli comme actionnaire minoritaire a réorganisé sa participation entre deux fonds gérés par Mérieux Equity Partners et a renforcé sa participation en direct, détenant 10 % de la totalité du capital. L'appui de ces deux familles qui investissent sur le temps long est primordial à côté de fonds de private equity qui ont besoin – pour des raisons diverses, notamment de carried-interest – de faire tourner leurs participations sitôt qu'il existe une plus-value à matérialiser.
Le troisième critère de réussite de Ceva repose sur sa stratégie d'innovation et sa décision d'aller dans la biologie, donc la vaccination. Avec à la clé l'obligation de rester à la pointe des découvertes en matière vétérinaire afin d'éviter une nouvelle pandémie mondiale.