Un équilibre encore instable >
L'approvisionnement en énergie bon marché demeure un enjeu stratégique central pour l'Allemagne et sa puissante industrie. Le pays est engagé depuis longtemps dans une transition énergétique ambitieuse. En 2024, les énergies renouvelables représentaient 44 % de la production électrique nationale, avec une forte progression du solaire et surtout de l'éolien terrestre. Cette transition a été fortement accélérée par la guerre en Ukraine. Avant le conflit, l'Allemagne importait 55 % de son gaz de Russie — une énergie peu coûteuse, pilier du modèle industriel allemand. Pour compenser cette perte brutale, Berlin a mené une politique volontariste, en diversifiant ses fournisseurs (Norvège, Qatar, États-Unis) et en construisant en un temps record de nouveaux terminaux GNL sur ses côtes. Ce besoin de sécurisation énergétique a aussi conduit le gouvernement à renforcer le cadre législatif en faveur des renouvelables. Ainsi, 2 % du territoire allemand devra être dédié à l'éolien terrestre d'ici à 2032, et des objectifs ambitieux sont fixés pour l'éolien en mer et le solaire. Parallèlement, Berlin investit massivement dans l'hydrogène vert et le captage de CO2 . Mais la faiblesse persistante des infrastructures énergétiques, notamment de transport et de stockage, menace cette transition. Les plans d'investissement du nouveau chancelier Friedrich Merz viseront à remédier à ces vulnérabilités pour assurer la souveraineté énergétique et la résilience industrielle du pays.