La France reste un cas à part en Europe >
La France figure parmi les pays européens où les cotisations patronales sont les plus élevées. Selon l'OCDE, elles représentent près de 26 % du coût total du travail, contre 20 % en Allemagne, 17 % aux Pays-Bas et moins de 10 % au Royaume-Uni. Ce niveau s'explique par un modèle social financé par les entreprises, qui supportent une part importante des contributions sociales. Cette architecture pèse sur les salaires intermédiaires et freine la compétitivité dans les secteurs exposés à la concurrence internationale, notamment l'industrie, les services exportateurs ou les activités intensives en main-d'œuvre peu qualifiée.
Pour corriger ce déséquilibre, la France a mis en place plusieurs dispositifs depuis les années 1990 : exonérations ciblées sur les bas salaires, Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), baisse pérenne des charges. Résultat : le coût du travail au niveau du Smic est proche de la moyenne européenne, ce qui a contribué à soutenir l'emploi peu qualifié. Au-delà de 1,6 Smic, l'écart reste significatif, en particulier dans les emplois qualifiés des secteurs exposés. Les études montrent qu'une baisse ciblée des cotisations patronales favorise l'emploi, améliorer les marges, encourager l'investissement et renforcer l'attractivité du territoire. Mais es effets dépendent fortement du ciblage et des anticipations des entreprises concernées.