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Business / Dette souveraine / 09/06/2025

La Banque centrale européenne : un filet de sécurité pour la France

Dans le débat sur une éventuelle perte de souveraineté budgétaire, un acteur reste en arrière-plan mais joue un rôle décisif : la Banque centrale européenne. Tant que la BCE reste un acheteur potentiel de dette souveraine, les États membres conservent un accès aux marchés à des conditions relativement favorables. Cette présence indirecte permet à des pays très endettés, comme la France, de continuer à se financer sans subir de turbulences majeures sur les taux d'intérêt. Depuis la crise de la zone euro, la BCE a mis en place plusieurs outils de soutien. Par exemple, la BCE avait déjà joué un rôle central durant la crise du Covid en lançant le PEPP (Programme d'achats d'urgence pandémique), qui a permis de financer indirectement les déficits massifs des États. L'outil le plus récent est l'Instrument de protection de la transmission monétaire (IPT). Ce mécanisme, créé en 2022, autorise la BCE à intervenir sur les marchés pour contenir les écarts de taux d'intérêt entre pays membres, à condition que ces derniers respectent les grandes lignes du cadre budgétaire européen. Il s'agit d'éviter que des États ne soient sanctionnés de façon excessive par les marchés en cas de crise de confiance. C'est toute l'ambiguïté du soutien monétaire : il existe, mais est conditionné. Si la France devait s'éloigner trop franchement de ses engagements européens, elle risquerait d'être exclue de cette protection. Ainsi, la stabilité financière de Paris passe aussi, de plus en plus, par Francfort.

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