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Business / IA et défense / 16/06/2025

Helsing prêt à investir massivement en France

Né en Allemagne, le leader européen de l'intelligence artificielle de défense Helsing veut clore les débats sur sa nationalité en adoptant le statut de société européenne. Mais au-delà du signal juridique, c'est par l'industrie que la jeune pousse entend prouver son ancrage multidomestique, à l'image d'un MBDA ou d'un Thales. Dans cette logique, après l'ouverture d'une première usine en Bavière pour produire le drone d'attaque HX-2 à destination de l'Ukraine, le président Marc Fontaine (ex-Airbus) et le directeur général Antoine de Braquilanges (ex-Palantir) envisagent l'implantation d'un second site en France et auraient engagé des discussions avec certaines régions portant l'investissement en France à plusieurs centaines de millions d'euros ; une même proposition est en cours de discussion au Royaume-Uni. L'objectif : doter l'Europe d'une capacité industrielle complémentaire pour produire rapidement des drones IA pour les besoins des forces européennes. Si l'activité française, dont les équipes techniques sont animées par Antoine Bordes – ex-directeur de la recherche mondiale IA de Meta – attire les meilleurs profils, Helsing lorgne les volumes et les moyens accordés par le Pentagone à ses rivaux américains, Shield AI ou Anduril. De quoi nourrir une forme d'impatience : en Europe, ces nouveaux acteurs restent souvent perçus avec méfiance par les industriels établis, au risque de freiner l'émergence d'une souveraineté européenne réelle en matière d'IA de défense. Un paradoxe à l'heure où l'autonomie stratégique européenne est devenue une priorité affichée par l'Élysée, que ces acteurs sont capables de déployer des capitaux importants dans un contexte budgétaire difficile… et dans une situation d'urgence face à l'avance chinoise en matière d'IA.

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