Et si nous travaillions davantage ? >
C'est une statistique cruelle que l'OCDE a rendue publique il y a quelques jours. Le nombre d'heures travaillées par les Français s'est établi l'an passé à 666. Ce qui fait de l'Hexagone la lanterne rouge de cet indicateur. La moyenne pour l'ensemble des pays de l'Union européenne est de 776 heures. En Allemagne, notre principal partenaire, ce chiffre est de 724 heures. C'est une chose de se satisfaire de la création de 2,5 millions d'emplois depuis 2017. C'en est une autre de réaliser que notre piètre rang dans ce classement est lié à la proportion trop faible de jeunes et de seniors ayant un emploi et à ce chômage structurel si élevé. Beaucoup a été fait pour redonner goût au travail, en créant des bureaux adaptés aux générations Y ou Z avec tables de ping-pong, salles de sieste ou d'al-laitement. La notion d'engagement a remplacé celle de culture d'entreprise. La responsabilité horizontale a effacé la hiérarchie verticale. Mais tout cela ne suffit pas. Mirabeau affirmait que « le travail est le pain nourricier des grandes nations ». Gilbert Cette et Stéphane Carcillo ont calculé que si les Français travaillaient autant que les Allemands, le pays bénéficierait de 140 milliards d'euros supplémentaires sous forme de cotisations sociales. Presque autant que le montant du déficit budgétaire et assez pour assurer le financement de notre État-providence. On aimerait pouvoir dire : « Allez, au travail !» Mais après l'échec du conclave sur les retraites, ce n'est peut-être pas le moment de mettre cette question sur la table. Et le problème, c'est que ce n'est jamais le moment…