Les positions « short » sur Kering à un niveau record malgré De Meo >
Deux semaines après l'annonce de l'arrivée prochaine de Luca de Meo à la direction générale de Kering, l'action du groupe propriétaire de Gucci, qui avait bondi de 10 % à la perspective de ce changement de gouvernance a pratiquement effacé ses gains en Bourse. Il faut dire que le déclenchement du conflit entre Israël et l'Iran a secoué la plupart des places financières et notamment les valeurs du luxe. Le groupe présidé par François-Henri Pinault semble toujours susciter la méfiance des vendeurs à découvert. Selon les déclarations de positions ouvertes à la vente faites auprès de l'Autorité des marchés financiers, le niveau des positions « short » se situe actuellement autour de 4 % du capital alors qu'au début de l'année il ne portait que sur 1 % des titres et qu'il était revenu à 3,39 % après l'annonce du recrutement de Luca de Meo.
Si les hedge funds Marshall Wace LLP (réputé pour sa gestion quantitative réalisée à base d'algorithmes) et D.E. Shaw & Co LP (davantage connu pour sa gestion active) sont toujours les acteurs les plus visibles, ExodusPoint Capital Management LP a réduit son exposition vendeuse. En revanche, un nouveau fonds, AQR Capital Management LLC, s'est positionné à la vente le 18 juin alors que l'action Kering était repartie à la hausse. Il est vendeur de 0,5 % du capital. Selon le fournisseur de données financières S3 Partners qui intègre « les positions synthétiques » signalées par des courtiers anglo-saxons, le montant réel des ventes à découvert serait désormais proche de 7 % du capital. À Londres, l'opinion selon laquelle Luca de Meo est le profil idéal pour redresser Kering n'est pas partagée par tout le monde. En effet, si le patron de Renault a une bonne image de « cost killer », beaucoup d'analystes s'accordent sur l'idée que le principal sujet de Kering est davantage de renouer avec la croissance que de réaliser des économies.