L'industrie du private equity voit sa « poudre sèche » baisser… >
Selon les données de S&P Global Market Intelligence, l'industrie mondiale du private equity affichait au 30 juin dernier des liquidités cumulées de 2 515 milliards de dollars. Cela représente une baisse de 7,7 % par rapport au montant record de 2 725 milliards de dollars enregistré en 2023. Ces liquidités, que les professionnels du secteur qualifient de « poudre sèche » (traduction de « dry powder ») correspondent aux capitaux promis par les investisseurs aux fonds de capital-investissement, mais qui n'ont pas encore été déployés dans le cadre de rachats par emprunt ou d'autres opérations. L'importance de ces fonds en instance d'investissement témoigne de la difficulté éprouvée par de nombreux véhicules à trouver de bonnes cibles à acquérir avec des perspectives de valorisation. Et cela alors que les taux d'intérêt, notamment outre-Atlantique, restent à un niveau élevé, que les perspectives de croissance sont plus faibles et que les valorisations des entreprises font ressortir des ratios trop importants. Une récente analyse effectuée par le cabinet de conseil Bain & Co a démontré que le quart de ces liquidités disponibles a été levé il y a quatre ans ou plus. Deux phénomènes sont à l'œuvre actuellement. D'une part, une moindre levée de fonds à l'exception du secteur des infrastructures. D'autre part, un très fort ralentissement de l'activité dans le secteur du private equity depuis le début du nouveau mandat de Donald Trump, et surtout depuis le début du mois d'avril et l'annonce des tarifs douaniers. Le climat d'incertitude créé par ces annonces rend difficiles les conclusions d'accords de rachats d'entreprises par des fonds d'investissement et encore plus leurs valorisations à un prix qui convienne à la fois au vendeur et à l'acheteur.