Air France-KLM se prépare pour la privatisation du portugais TAP >
On en parle depuis plusieurs semaines. Le gouvernement portugais vient de rendre public le cahier des charges concernant la vente d'une partie du capital de la compagnie nationale TAP. Les offres d'achat seront évaluées selon plusieurs critères : la qualité du plan stratégique proposé, le prix offert pour les actions, les garanties de viabilité financière, le respect des engagements sociaux et des conventions collectives ainsi que l'absence de conditions pouvant compromettre l'opération. Le gouvernement de Lisbonne sera également attentif à ce que le projet renforce la position de TAP comme acteur global, en mettant l'accent sur les liaisons avec les Açores, Madère, la diaspora portugaise, les pays lusophones, l'investissement dans les carburants durables (SAF/e-SAF) et le renforcement de la flotte et des capacités de maintenance.
Ne peuvent soumettre une proposition que des opérateurs aériens ou des groupements dirigés par eux, ayant réalisé plus de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires sur au moins une des trois dernières années. Parmi les compagnies et groupes candidats et ayant les reins assez solides pour répondre aux critères fixés par le gouvernement portugais, Air France-KLM a confirmé son intérêt en concurrence avec les groupes Lufthansa et IAG (British Airways et Iberia).
Pour le groupe français notamment, l'attrait de la compagnie aérienne portugaise réside dans son important réseau à destination du Brésil et dans sa présence en Afrique. Surtout, cette opération mettrait Air France-KLM dans la position de grand consolidateur européen après sa prise de participation dans SAS. TAP a affiché un bénéfice net de 53,7 millions d'euros en 2024, une troisième année consécutive de résultats positifs. Cette performance s'appuie sur des revenus records (plus de 4,2 milliards d'euros en 2024) et une fréquentation en hausse (16,1 millions de passagers, +1,6% sur un an). Sur cette base, il serait question d'une valorisation de 1,7 milliard d'euros pour 100 % du capital. En février dernier, lors d'une visite d'État au Portugal, le président français Emmanuel Macron a appuyé la candidature d'Air France-KLM.