Une reprise économique sous haute surveillance >
Après quatre années de stagnation, la reprise allemande s'annonce lente et fragile. Dans son rapport annuel, le Conseil allemand des experts économiques a averti que la croissance ne dépasserait pas 0,2 % en 2025 avant d'atteindre à peine 0,9 % en 2026, bien en deçà des prévisions du gouvernement Merz. Le plan d'investissement de 1 000 milliards d'euros sur dix ans, censé relancer l'économie grâce à la dette, suscite de vives critiques. Selon le conseil, une large part des fonds serait détournée vers des dépenses courantes — hausses de pensions, allègements fiscaux — plutôt qu'affectée à des projets productifs dans les infrastructures ou la transition énergétique. Ce glissement budgétaire limiterait l'effet macroéconomique de la relance tout en risquant de porter la dette publique à plus de 85 % du PIB d'ici 2035. L'institution avertit également que la base industrielle du pays « prend de plus en plus de retard » face à la concurrence mondiale. Le chancelier défend pour sa part une stratégie visant à moderniser l'économie tout en préservant la discipline financière, promettant de réduire la bureaucratie et d'alléger les impôts. Mais on craint qu'à force de compromis politiques Berlin dilue son effort d'investissement et manque la relance industrielle qu'il prétend incarner.