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Pouvoirs / Éditorial / 24/11/2025

La guerre sans le savoir

Le nouveau chef d'état-major des armées n'a pas fait dans la dentelle en expliquant aux maires de France que notre pays doit être « prêt à accepter de perdre ses enfants » à l'occasion d'un conflit éventuel avec la Russie. Déjà il y a quelques semaines, le général Fabien Mandon, avait déclaré aux députés lors d'une audition parlementaire que son objectif était de faire en sorte que les armées soient « prêtes à un choc dans les trois ou quatre ans ». Une grande partie de la classe politique et médiatique a reproché à cet ancien pilote de chasse de tenir des discours aussi anxiogènes. C'est vrai que l'on préférait le mot d'ordre de son prédécesseur : « Gagner la guerre avant la guerre ». Mais la multiplication des cyberattaques observées sur le sol français, des passages intempestifs de bateaux russes au large de l'Île-Longue, ou des survols de drones non identifiés au-dessus de bases militaires montrent qu'une guerre hybride a déjà commencé. Et si une voiture hybride est bien une voiture. Une guerre hybride est bien une guerre. Marc Bloch, qui sera panthéonisé au mois de juin prochain avait fustigé dans son Étrange défaite, l'aveuglement des élites françaises dans les années 1930 face à la montée de la menace nazie. Ce serait tout de même dommage que l'on ignore encore une fois le risque d'une agression pour la seule raison que les signaux d'alerte sont trop anxiogènes et qu'ils dérangent notre confort « petit-bourgeois ». Périclès nous a avertis il y a 2 500 ans : « Se reposer ou être libre : il faut choisir. »

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