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Pouvoirs / Éditorial / 01/12/2025

Du ras-le-bol à la jacquerie

Lorsqu'il était ministre de l'Économie de François Hollande – et alors que venait d'éclater l'affaire Cahuzac –, Pierre Moscovici avait appelé ses camarades socialistes à prendre garde à un éventuel « ras-le-bol fiscal ». D'autres jugeaient exagérés de tels propos saluant le remarquable consentement à l'impôt des Français. Il reste qu'en 2018 la révolte des Gilets jaunes – après celle, plus limitée, des Bonnets rouges – montrait que les jacqueries faisaient toujours partie de l'inconscient du pays. Ne serait-ce qu'au Moyen-Âge on en a dénombré une bonne quinzaine. Le Conseil des prélèvements obligatoires a opportunément rappelé aux princes qui nous gouvernent que quatre Français sur cinq jugent aujourd'hui le niveau d'imposition général trop élevé. Ce qui est intéressant dans la mesure où seuls 43 % de nos concitoyens payent l'impôt sur le revenu. Mais surtout moins d'un Français sur trois se déclare satisfait de la qualité des services publics, eu égard au montant des impôts et des taxes acquittés pour les financer comme l'a rappelé François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. Il n'y a aucune raison pour que notre modèle social, qui n'est pas meilleur que celui des pays voisins coûte plus cher. Au moment où un désir de matraquage fiscal s'empare de nos députés, ces chiffres doivent inciter les rédacteurs de ce budget de compromis à la prudence. Sans quoi ils pourraient perdre le peu de crédibilité qui leur reste auprès des contribuables. Voire réveiller le sentiment de fronde qui parcourt l'histoire de France… et qui ne dort que d'un œil.

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