Gérard Wertheimer domine toujours le classement des fortunes suisses où la branche Edmond de Rothschild fait pâle figure >
C'est toujours Gérard Wertheimer qui arrive en tête du classement annuel établi par le magazine Bilan et qui recense les plus grosses fortunes domiciliées en Suisse. Âgé de 74 ans, il est le frère cadet d'Alain Wertheimer avec lequel il détient la totalité du capital de Chanel. Chacun d'eux en a 50 %. Si l'an dernier le magazine suisse estimait entre 37 et 38 milliards de francs suisses la fortune de Gérard Wertheimer, cette année, il ne l'évalue qu'entre 33 et 34 milliards, en raison du refroidissement qui affecte le secteur du luxe. Les Wertheimer ont diversifié leur portefeuille dans l'immobilier et le non-coté via leur family office Mousse Partners, dirigé par leur demi-frère Charles Heilbronn. L'an dernier, ils ont acquis une participation d'environ 14 % dans l'entreprise américaine de luxe The Row. Cette transaction s'était faite aux côtés de la holding Téthys Invest appartenant à la famille Bettencourt-Meyers. Par ailleurs Mousse Partners a acquis, il y a plus de deux ans, 5 % du capital de la banque d'affaires Rothschild & Co que préside Alexandre de Rothschild. Et c'est Arthur Heilbronn, le dernier des trois enfants de Charles, qui représente ce family-office au conseil d'administration de la banque.
Le deuxième Français le plus riche de confédération helvétique est Pierre Castel, le magnat de la bière, des sodas et du vin. Âgé de 99 ans, domicilié à Genève et dans le Valais, sa fortune dépasse les 13 milliards de francs suisses, dont plus d'un milliard en actifs immobiliers. Le groupe Castel est le numéro trois mondial du vin et numéro deux de la bière en Afrique. Jusqu'à présent, Nicolas Puech, âgé de 82 ans, et héritier d'Hermès, figurait dans ce classement. Mais la probabilité qu'il ne détienne presque plus d'actions du groupe de luxe l'a fait sortir de cette liste. À sa place, on trouve la famille Despature actionnaire de Somfy et de Damart avec une fortune estimée entre 4 et 5 milliards de francs suisses. Même montant pour Martine Primat, veuve de Didier Primat, petit-fils de Conrad Schlumberger, et pour ses huit enfants.
Toujours selon le classement de Bilan, la fortune des descendants d'Edmond de Rothschild et de son fils Benjamin de Rothschild atteindrait cette année entre 1,5 et 2,5 milliards de francs suisses, alors qu'elle était deux fois supérieure au moment du décès de ce dernier, il y a quatre ans. Mais la répartition de ce patrimoine est très fragmentée. Nadine de Rothschild, la veuve d'Edmond, détient 16,9 % de la société faîtière mais n'aurait que 7 % des voix. Brouillée avec sa belle-fille Ariane de Rothschild, elle fait gérer sa fortune par la banque Pictet. La part de Benjamin de Rothschild représentait 65,94 % du capital, car il avait une demi-sœur, Camillia Langoux de Rothschild, qui détiendrait toujours 17 % de la banque. Chacune des quatre filles de Benjamin et d'Ariane de Rothschild détient déjà environ 12,4 % du patrimoine familial, car la loi suisse a réservé à leur mère, un quart de la part que détenait Benjamin de Rothschild. Et les bons choix n'ont pas toujours été faits. En 2018, cette branche a cédé 19 % du courtier Siaci pour un peu moins de 200 millions d'euros. Alors qu'en l'espace de six ans la valeur de ce courtier, marié en 2021 à Diot appartenant à la famille Burrus, s'est envolée