La droite la plus bête du monde >
Pas grand-chose n'a changé depuis décembre 1957 lorsque Guy Mollet, à l'occasion d'une réunion à Béthune avait déclaré que « la droite française est la plus bête du monde » avant d'ajouter que « c'est là un des grands drames de la politique actuelle en France ». Au cours des derniers jours, de nombreux parlementaires de droite – dite libérale – ont voté, sans problème de conscience, la suspension de la réforme des retraites, mêlant leurs voix à celles de socialistes intransigeants, dépensiers et dogmatiques. Les deux « chefs à plume » de LR, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, ont rouvert les hostilités entre eux, comme si avec une cinquantaine de députés, la droite pouvait s'offrir le luxe de se scinder en deux camps opposés. Mais le pire a été le ralliement de Nicolas Sarkozy à l'idée de l'Union des droites, et donc à un rapprochement de facto avec le Rassemblement national. Comme si le parti présidé par Jordan Bardella était un « parti de droite », alors qu'il n'est qu'un mouvement populiste bâti sur la détestation de l'Europe, le mépris pour l'économie de marché et la stigmatisation des immigrés. Que l'ancien chef de l'État ait envie de régler des comptes, c'est son problème. Qu'il le fasse au mépris des valeurs libérales, humanistes et européennes que la droite a toujours portées témoigne d'un naufrage tant moral qu'intellectuel. « C'est pire qu'un crime, c'est une faute », comme certains avaient qualifié l'exécution nocturne du duc d'Enghien par Napoléon. Une faute que la droite mettra des lustres à effacer.