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Pouvoirs / Éditorial / 12/01/2026

La preuve par les faillites

Il y a un peu plus d'un an lorsque Michel Barnier a proposé une hausse provisoire du taux de l'impôt sur les sociétés et des surtaxes pour les sociétés fortement bénéficiaires, tout le monde ou presque a applaudi. Même le Medef, qui n'est pas le meilleur défenseur des entreprises, s'était montré ouvert à cette idée. Qu'une société soit grosse ou petite, qu'elle soit très rentable ou à peine bénéficiaire, toute taxation supplémentaire pèse sur son taux de marge, donc sur sa capacité à investir, à embaucher et à se développer. Si les plus grosses entreprises peuvent absorber un choc fiscal, leurs sous-traitants sont les premières victimes car elles reçoivent moins de commandes et doivent payer plus de charges. Le résultat ne s'est donc pas fait attendre. Puisque, selon les statistiques officielles, quelque 63 112 procédures collectives ont été ouvertes par des entreprises en difficulté en France l'an dernier. Ce qui représente une progression de 6,3 % par rapport à 2024. Avec une concentration sur les firmes de moins de 10 salariés. Mais aussi sur des grands noms de l'industrie comme Novasco, ACI, Brandt ou Arc International. La preuve est là que l'excès d'impôt finit toujours par tuer des entreprises et des emplois. Ce raisonnement simple ne parvient pas dans le cerveau des politiques qui cherchent à taxer pour boucler un budget introuvable. Ronald Reagan avait raison lorsqu'il disait : « Les gouvernements ont une vision très sommaire de l'économie. Si ça bouge, ajoutez des taxes. Si ça bouge encore, imposez des lois. Si ça arrête de bouger, donnez des subventions. »

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