Patrick Drahi change d’acheteur pour l’opérateur israélien Hot Mobile >
Patrick Drahi devrait céder l’opérateur israélien Hot Mobile à Delek Israël, alors qu’il y a quatre mois, le favori était le groupe Bezeq à travers sa filiale Pelephone.
- Pourquoi c’est important. Ce changement de contrepartie témoigne de la capacité incroyable de Patrick Drahi à négocier au mieux de ses intérêts. On le voit dans le prix proposé qui serait de l’ordre de 1,88 milliard de shekels israéliens. En dernière minute Delek Israël a été contraint de relever son offre de 80 millions. On le voit aussi dans le choix de l’acheteur. Car Delek Israël n’est pas présent dans le secteur des télécoms et sa candidature est un avantage pour obtenir l’aval du ministère des Communications et de l’Autorité de la concurrence israélienne. Alors que le dossier de Pelephone était beaucoup plus compliqué, dans la mesure où cette société compte déjà 2,6 millions d’abonnés (dont plus de 1,5 million sur le réseau 5G). Une fusion entre Pelephone et Hot Mobile aurait donné naissance à un acteur trop puissant aux yeux des pouvoirs publics, face à Cellcom (3,5 millions d’abonnés). Hot Mobile compte, de son côté, environ 2 millions d’abonnés.
- Entre les lignes. Ce qui se passe actuellement avec Hot Mobile en Israël où la banque Rothschild & Co est conseil de Patrick Drahi est une leçon à retenir pour les candidats au rachat des différents actifs d’Altice France. Que ce soit XpFibre dans le domaine des infrastructures. Ou SFR dans le domaine de la téléphonie. Vincent Le Stradic, associé-gérant de Lazard Frères ainsi que Thierry Varène, chez BNP Paribas, qui conseillent Patrick Drahi, vont se servir de l’exemple israélien pour montrer d’une part comment Patrick Drahi sait faire monter les enchères, mais aussi privilégier l’acheteur qui permettra une transaction rapide et ne posant pas de problème aux autorités de la concurrence. Un message bien reçu – semble-t-il par Laurence Hainault, chez Evercore, qui conseille Orange, par Grégoire Chertok et Guillaume Vignéras chez Rothschild & Co qui œuvrent pour Bouygues Telecom et par Gilles Tré-Hardy, chez Perella Weinberg Partners qui chuchote aux oreilles de Thomas Reynaud, le patron d’Iliad.
- En coulisses. L’avertissement à ceux qui croient que l’argument du chéquier est le seul qui compte aux yeux de Patrick Drahi est d’autant plus fort que de sources bancaires, l’opérateur Pelephone a déposé au tout dernier moment une offre améliorée à 625 millions d’euros sous réserve de différentes conditions. Patrick Drahi a donc préféré un montant inférieur de 6 % mais sans crainte de voir la négociation entravée par les régulateurs israéliens.