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Le Lab / Emploi / 02/02/2026

Réformes du travail : le bilan mitigé du plan de relance européen (CEPS)

Un rapport s'intéresse à la capacité des États à "reprogrammer" leur marché du travail... et à l'utilisation faite des milliards du plan "Recovery and Resilience Facility".

Derrière les milliards du plan "Recovery and Resilience Facility" (RRF), distribués aux États par l’UE après la pandémie, quelle efficacité ? Pour y répondre, la Commission européenne a commandé au Centre for European Policy Studies (CEPS) un rapport visant à évaluer la capacité des États à "reprogrammer" leur marché du travail. Un passage au crible de huit réformes déjà assez avancées dans quatre États de l’Union : France, Grèce, Portugal et Espagne. Objectif : mesurer les effets réels, au-delà des bonnes intentions.

La conclusion est en demi-teinte. Si les réformes des services publics de l’emploi sont, d’après le rapport, "globalement conformes aux attentes" au niveau microéconomique, elles "ne se traduisent pas toujours par des résultats économiques agrégés immédiats, tels que la croissance de l'emploi ou du PIB". Les données, encore parcellaires, permettent aux chercheurs de saluer des signaux positifs au niveau des "outputs" : tout ce qui concerne la mise en œuvre effective des politiques publiques (accompagnement, digitalisation, formation…). En revanche, les "outcomes" (résultats économiques) restent plus difficiles à objectiver à court terme.

En France, premier État analysé dans le rapport, les résultats sont encourageants. Les deux réformes du RRF, le régime de retraite des fonctionnaires, analysées, la modernisation des services de l’opérateur public de l’emploi et la réforme de l’assurance-chômage, produisent déjà des effets "intermédiaires", avec un meilleur accompagnement et une satisfaction en hausse chez les demandeurs d’emploi et les employeurs. Côté assurance-chômage, l’ajustement des paramètres (indemnisation dégressive, conditions d’affiliation durcie, système de bonus-malus…) accélère les retours à l’emploi, tandis que la part des courts contrats baisse légèrement. Cependant, l’étude n’indique aucun gain sensible pour les contrats longs, ni aucun effet sur l’emploi agrégé, faute de recul statistique.

Cette semaine, dans la rubrique Le Lab