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Business / Jeux / 02/03/2026

Les vendeurs à découvert envoient FDJ United au tapis

Les positions « short » contre l’action FDJ United sont passées en six mois de 1 à près de 8 % du capital du groupe atteignant un niveau record. Au moment où le titre revient à un niveau très bas.

Le siège de FDJ UNITED à Boulogne-Billancourt (photo FDJ United).
  • L’information de La Lettre de L’Expansion. Selon nos informations les positions "vendeuses" ou "short" prises à l’encontre du titre FDJ United (ex-Française des Jeux) représentent 7,95 % du capital. Ce qui constitue le plus haut niveau historique pour cette action considérée jusqu’ici comme étant "de père de famille". Ce sont sept hedge funds qui parient à la baisse contre cette valeur. Et ils n’ont fait qu’accentuer leurs positions depuis l’automne 2025. Le fonds le plus agressif est le britannique Ilex Capital Partners LLP qui est passé en deux mois d’une position vendeuse de 0,50 % à 2,95 %. C’est actuellement son plus gros "morceau" en Europe, où il s’attaque également à des groupes comme Sainsbury, Moncler ou DSM-Firmenich. Parmi les autres vendeurs figure le fonds Marshall Wace LLP qui s’illustre aussi en jouant contre les actions Valeo et Publicis.
  • Pourquoi c’est important. Cette méfiance soudaine d’une poignée de hedge funds à l’égard d’un titre aussi régulier dans ses performances que FDJ United s’explique par une combinaison de facteurs stratégiques, réglementaires et techniques qui créent une incertitude sur la valorisation à court et moyen terme. Il y a d’abord le sujet de l’intégration de Kindred Group (maison mère d’Unibet) acquis pour environ 2,6 milliards d’euros. Les "shorteurs" parient sur la difficulté d’intégrer une structure aussi complexe et internationale. De surcroît cette opération structurante a fait passer la Française des Jeux du statut de monopole d’État sécurisé à celui d’un acteur exposé à la concurrence féroce des paris en ligne internationaux. Deuxième explication : les incertitudes réglementaires et fiscales. Personne n’ignore que le Trésor français cherche régulièrement de nouvelles recettes. Le secteur des jeux est une cible facile. Toute rumeur d’augmentation des prélèvements sur le produit brut des jeux pèse sur le titre. Enfin il y a la question de la réglementation européenne avec des débats en dents de scie sur le durcissement des règles en raison de l’addiction au jeu. Ce qui crée un climat d’instabilité que les hedge funds exploitent.
  • Entre les lignes. La Française des Jeux a longtemps été valorisée comme une valeur de rendement technologique, plutôt chère par rapport à ses bénéfices. Les vendeurs à découvert constatent que la prime de rareté s’estompe avec l’internationalisation. Ils parient sur un réalignement des multiples de valorisation de la FDJ sur ceux d’autres géants européens du jeu, souvent plus bas. Et ce mouvement n’est sans doute pas terminé.
Cette semaine, dans la rubrique Business
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