Droits de douane : les consommateurs payent... sauf pour les vins, champagnes et spiritueux >
En matière de droits de douane, chaque hausse est généralement répercutée de façon presque intégrale sur le prix final des produits importés, donc payée par le consommateurs. C'est notamment ce qu'a démontré le Kiel Institute for the World Economy à partir de l'étude de 25 millions de dossiers d'expédition vers les Etats-Unis en 2025. Mais tout est dans le "presque". En effet, cette logique concerne environ 90% des produits, selon une autre étude, de la Fed de New York. Et parmi les 10% restant, se trouvent les vins et spiritueux.
C'est ce qu'a constaté Eric Dor, directeur des recherches économiques de IESEG School of management, à partir des données d’Eurostat. Selon lui, en 2025, sous l'effet conjugué des hausses des droits de douane voulues par Donald Trump et de la dégradation du dollar par rapport à l'euro, les importateurs américains auraient dû payer 31,5% plus cher chaque bouteille importée d'Europe. Sauf que, d'avril à décembre 2025, les chiffres montrent que les prix moyens du cognac, du porto et du champagne ont baissé au départ de l'Europe, les producteurs ayant fait le choix de diminuer leurs prix à l'export, afin de ne pas trop pénaliser leurs ventes. Pour le champagne, la baisse a même atteint pratiquement 25% en décembre par rapport à décembre 2024 et est de 13,1% en moyenne sur l'année. Avec toutefois une nuance : la baisse moyenne des prix s'explique en partie par un effort consenti par les producteurs, mais aussi par une descente en gamme des vins et alcools expédiés.