Comment François Provost va rassurer les actionnaires de Renault >
Le directeur général de Renault tient demain, le 10 mars, une importante journée stratégique pour les investisseurs. Il devrait les rassurer en mettant en avant le niveau de marge du constructeur.
- L’information à connaître. François Provost, le nouveau directeur général de Renault, nommé au cours de l’été dernier en remplacement de Luca de Meo, parti chez Kering, va se frotter demain, mardi 10 mars, pour la première fois aux investisseurs à l’occasion d’un "capital market day". Après les déboires enregistrés par Stellantis et par Volkswagen, il devrait rassurer les analystes en insistant sur le niveau de marge opérationnelle de Renault qui a atteint l’an dernier 6,3 %, sur la poursuite d’une politique de mobilité électrique raisonnable, avec une montée en puissance des véhicules hybrides, et sur la recherche de partenaires industriels afin de mutualiser le coût des plateformes de productions. À cela s’ajoute une trésorerie nette qui représente plus de 80 % de la capitalisation boursière et un Ebitda qui devrait revenir dès cette année autour de 7 milliards d’euros. François Provost est également très attendu sur la géographie de la firme au losange qui entend pousser les feux en Amérique du Sud (notamment au Brésil) et en Inde.
- Pourquoi c’est important. L’action Renault n’a reculé que de 7 % depuis le début de l’année, contre une chute de 30 % pour le titre Stellantis. Cet écart ne marque pas seulement la différence de performance entre les marges des deux constructeurs. Il témoigne d’un regain de confiance massif qui profite à Renault aux dépens de Stellantis, dont la gouvernance a été décrédibilisée et dont la stratégie n’est toujours pas revisitée plus d’un an après le départ de Carlos Tavares. Les gains de parts de marché enregistrés un peu partout dans le monde par Renault l’an passé, sans sacrifier la marge par véhicule, devraient se transformer dès cette année par une forte amélioration du résultat opérationnel. À cela s’ajoute le succès de la gamme Dacia. Renault conserve un avantage important face à Stellantis et ses 14 marques différentes : pouvoir tenir compte immédiatement de l’expérience client, avec des feuilles de route détaillées pour toutes les technologies clés, notamment concernant les véhicules électriques et les logiciels.
- Entre les lignes. François Provost devrait insister sur le fait que Renault a su garder une taille idéale pour être agile et surtout afficher une bonne rentabilité par véhicule vendu. Il reste que le directeur général de la firme au losange est convaincu qu’il lui faut construire des relations durables, de confiance et transparentes, avec ses principaux partenaires. Qu’il s’agisse de Geely, comme des partenaires plus anciens à l’international, de manière à maximiser le taux d’utilisation des capacités de production.