Le piège des “green bonds” se referme sur Accor et Air France KLM >
En 2025, Air France-KLM et Accor n’ont pas atteint les objectifs de réduction des émissions liés aux “green bonds” et devront verser des pénalités aux obligataires.
- Ce qu’il faut retenir. Air France-KLM a indiqué que ses avions n’avaient pas atteint l’objectif de réduction de 10 % des émissions de kérosène par tonne-kilomètre de recettes en 2025, par rapport aux niveaux de 2019.
C’était là un objectif lié à l’émission d’obligations durables d’un milliard d’euros réalisée en janvier 2023. Le groupe aéronautique a déclaré qu’il faisait face à certains obstacles en raison de contraintes liées à la chaîne d’approvisionnement, de problèmes de moteurs affectant les avions Airbus A220 et d’une consommation de carburant plus élevée en raison d’un temps de vol plus long sur certains itinéraires. Parallèlement, le géant français de l’hôtellerie Accor, a déclaré que son incapacité à atteindre deux objectifs de réduction des émissions liés à une obligation durable émise en 2021 pour un montant de 700 millions d’euros. Le groupe avait précédemment visé une réduction de 15 % de ses émissions de portée 1 et 2, et une réduction de 15 % de ses émissions de portée 3 d’ici 2025, par rapport à une base de référence de 2019. - Pourquoi c’est important. Le non-respect de ces objectifs par Accor entraînera des pénalités de 1,75 million d’euros en 2027 et de 1,75 million d’euros en 2028, les remboursements commençant à partir de novembre 2026. Le rapport financier du transporteur aérien Air France KLM indique que sa "green bond" est divisée en deux tranches : 500 millions d’euros à échéance le 31 mai et 500 millions d’euros supplémentaires à échéance en 2028. Pour la première tranche, une prime de remboursement de 750 euros par obligation sera versée le 31 mai 2026. Pour les obligations à échéance 2028, le groupe appliquera un taux d’intérêt plus élevé, avec une majoration de 0,375 % sur les coupons en 2027 et 2028. Ceci engendrera un surcoût de 7,5 millions d’euros, selon les calculs de Barclays.
- Entre les lignes. Depuis 2020, le marché français des "green bonds" connaît une accélération massive. La France est régulièrement classée au troisième rang mondial (derrière les États-Unis et la Chine) et au 1er rang européen pour les émissions souveraines et corporate. Entre 2020 et fin 2024, les entreprises françaises ont émis environ 110 à 130 milliards d’euros d’obligations vertes. Après un record en 2021-2022, le rythme s’est stabilisé autour de 25 à 30 milliards d’euros par an
- En coulisses. En 2025, le taux moyen d’émission pour des entreprises de qualité "Investment Grade" se situait entre 3,5 % et 4,7 %. Le "Greenium" - avantage procuré par les "green bonds" – était d’environ 0,02 % à 0,10 % de moins que pour une obligation classique, en raison de la forte demande des investisseurs.