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Business / Marchés / 09/03/2026

Pourquoi assiste-t-on à un effondrement boursier des géants du capital-investissement ?

C’est ce qu’on appelle un krach lent. KKR, Apollo, Blackstone, Ares, CVC et EQT ont perdu 110 milliards de dollars de capitalisation boursière en un mois, sur fond de crainte d’une grave crise.

  • L’information à retenir. C’est du jamais-vu dans le secteur du capital-investissement jusqu’ici très prisé des marchés financiers. Depuis le début du mois de février on assiste à une déroute des grands fonds de private equity, aussi bien à Wall Street que de ce côté-ci de l’Atlantique, avec des chutes soudaines de plus de 20 % pour certains d’entre eux. KKR a vu sa valeur chuter de 23 % en six semaines. Le cours de l’action de Blackstone a baissé de 19,7 % durant la même période, celui d’Apollo de 21 %, celui d’Ares Management de 23 %, celui de Carlyle de 14 % et celui de Blue Owl de 21 %. Les gestionnaires d’actifs européens ont également souffert. Le cours de l’action du suédois EQT a chuté de 17 % le mois dernier, celui de CVC de 18 % et celui de Partners Group de 18 % également. Au total, ces neuf entreprises ont perdu 110 milliards d’euros de capitalisation boursière en un mois
  • Pourquoi c’est important. Cette chute soudaine s’explique par deux facteurs principaux. Le premier concerne l’impact potentiel du développement de l’intelligence artificielle sur les actifs des fonds, qu’il s’agisse des véhicules qui investissent dans le capital des entreprises ou de ceux qui octroient des crédits. Dans des cas extrêmes, certaines entreprises pourraient se trouver dans l’incapacité de rembourser leurs dettes, ce qui serait préjudiciable aux fonds de crédit. Avec à la clé environ 300 milliards d’euros de dettes menacées de défaut de paiement. Or EQT et Bridgepoint détiennent 38 % de leurs actifs dans les logiciels et la santé, tandis que ce pourcentage tombe à 36 % chez ICG et 29 % chez Partners Group.
    Une autre conséquence de l’incertitude liée aux tensions géopolitiques, est un ralentissement accru des acquisitions et des introductions en Bourse, empêchant les fonds de vendre et de générer des rendements sur leurs portefeuilles. La valeur des cessions d’actifs a bondi en 2025, passant de 486 milliards de dollars à 717 milliards de dollars, mais les acquisitions ont augmenté encore davantage, passant de 628 milliards de dollars à 904 milliards de dollars.
  • Entre les lignes. Tout cela pourrait aussi se traduire par le report d’introductions en Bourse. Verisure, dont le principal actionnaire est le fonds Hellman & Friedman, a vu son cours chuter de 19 % depuis octobre. La société britannique de logiciels Visma, détenue par HG Capital, pourrait reporter son introduction en Bourse.
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