Transition verte : le blocage européen n’est pas technique, il est financier (Bruegel) >
La décarbonation du continent suppose moins de subventions dispersées et plus de capital de long terme, argumente l’institut Bruegel.
- Le constat. Et si la transition énergétique ne dépendait pas des slogans et des bonnes intentions, mais d’abord de la structure du capital investi ? Cette idée simple est étayée par le rapport "Investing for tomorrow" de l’institut Bruegel. Calculs à l’appui, les chercheurs bruxellois établissent que l’investissement climatique progresse davantage quand les acteurs disposent d’un horizon long, quand la taille du marché permet des économies d’échelle et quand le financement repose sur une base d’investisseurs plus diversifiée. En clair, la décarbonation récompense les économies capables d’attirer du capital patient, profond et abondant.
- Les pistes d’action. De ce constat, le rapport tire une conséquence immédiate : l’Europe ne gagnera pas la bataille verte avec des dispositifs fragmentés. Elle a besoin de marchés de capitaux puissants et de "clubs climatiques" capables de réduire l’incertitude et d’envoyer un signal durable aux investisseurs. Dans un contexte où la Commission a fait de la décarbonation l’un des trois piliers de sa boussole de compétitivité, le rapport de l’institut Bruegel recentre le débat : la question n’est plus seulement "combien investir ?", mais "avec quel type de capital, à quelle échelle et dans quel cadre de confiance ?"