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Le Lab / Conjoncture / 20/04/2026

Endettement : gare à l’étau des taux, alerte l’OFCE

"L’économie mondiale à l’étroit" titre la Revue de l’OFCE dans son dernier numéro, consacré aux prévisions 2026-2027. Entre guerre commerciale et choc pétrolier, les marges de manœuvre se resserrent.

L’OFCE anticipe une croissance mondiale à 3 % en 2026, contre 3,3 % en 2025 (illustration D.R.).

Le constat. Un an après la flambée des droits de douane américains, l’économie mondiale a fait preuve d’une résistance inattendue. Les importations mondiales de marchandises ont même progressé de 4 % en 2025, contre 2,3 % en 2024. L’inflation refluait, les banques centrales assouplissaient leur politique, et 2026 s’annonçait plutôt favorable (sauf aux États-Unis, où les "tariffs" ont enrayé la désinflation). Mais le déclenchement du conflit avec l’Iran fin février a fait voler en éclats cet équilibre : flambée du pétrole et du gaz, avec des prix qui repartent à la hausse.

Les perspectives. Dans ses prévisions, l’OFCE anticipe un ralentissement marqué : croissance mondiale à 3 % en 2026 (contre 3,3 % en 2025), avant un léger rebond à 3,2 % en 2027, dans l’hypothèse d’une fin rapide des hostilités. À l’horizon de cette année présidentielle, la France tomberait à 0,8 % de croissance et la zone euro à 1,1 %. L’inflation française remonterait à 1,8 %, le chômage grimperait à 8,3 %, et le déficit ne reviendrait qu’à -4,4 % (après -5,1 % en 2025). Le choc énergétique mettrait un terme à la baisse des taux directeurs, plongeant certains États hostiles aux réformes dans une situation budgétaire critique.

Pourquoi c’est important. L’OFCE tire la sonnette d’alarme : la France s’éloigne de plus en plus de la moyenne européenne, notamment en PIB par habitant. Et contrairement à 2022, le soutien budgétaire sera limité : les pays expansionnistes (Allemagne, États-Unis, Japon) n’iront guère plus loin, et ceux qui, comme la France, consolident leurs comptes n’ont plus de marge. C’est tout le sens du titre choisi par l’OFCE : entre guerre commerciale, choc pétrolier et étau budgétaire, l’économie mondiale (et la France au premier chef) risque de manquer d’air.

Une piste de solution. Il n’y a pas de fatalité. À l’occasion d’un déjeuner de présentation de ces projections, devant des élus et dirigeants, Mathieu Plane, directeur adjoint du département Analyses et prévisions de l’OFCE, a rappelé les deux atouts majeurs de l’UE : l’épargne la plus importante du monde et la seule monnaie capable de faire concurrence au dollar. "Le problème est moins économique que politique", a-t-il plaidé, appelant, en plus de réformes structurelles, à réorienter l’épargne européenne vers l’investissement productif, sur le modèle des Eurobonds promus par Mario Draghi.

Cette semaine, dans la rubrique Le Lab