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Médias / Think tank / 06/07/2026

Le Club Galilée se reforme pour soutenir l’audiovisuel français

Vingt ans après sa fondation, le principal think tank français sur l’audiovisuel reprend ses travaux, avec l’ambition de livrer des préconisations en février 2027, répondant aux enjeux du secteur.

Mathieu Gallet, lors du festival Medias en Seine, à Paris, en nocembre 2018 (photo Ilan Deutsch/Hans Lucas/AFP).
  • Ce qu’il faut savoir. Fondé en 2006 par Philippe Chazal, Mathieu Gallet et Olivier Zegna Rata, le Club Galilée a été pensé pour agir en laboratoire d’idées de l’audiovisuel français, au moment du basculement de l’analogique vers le numérique. Gratuit, ouvert à tous les professionnels du secteur, il réunissait tous les mois décideurs, producteurs, diffuseurs, régulateurs et spécialistes, autour de constats partagés. Aujourd’hui, sous l’égide du Haut-Commissariat au Plan et à la Stratégie (HCPS) présidé par Clément Beaune, le Club se relance avec l’ambition de produire un rapport de préconisations à même de sauver l’audiovisuel français et européen à l’ère de l’intelligence artificielle. Rien de moins.
  • Le programme du Club. Jusqu’en janvier, six séances vont se succéder, débouchant sur un rapport de préconisations remis en février 2027 à Clément Beaune et au gouvernement. Une première réunion ce lundi 6 juillet doit permettre de dresser un état des lieux du marché publicitaire, confronté au basculement des annonceurs vers le numérique, autour de Martin Adjari, président de l’Arcom (Autorité de Régulation de la communication audiovisuelle et numérique), Christine Robert, Directrice déléguée de l’IREP (Institut de recherche des études publicitaires), Simon Arnal, président du SPI (Syndicat des producteurs indépendants) et Isabelle Degeorges, présidente de Gaumont Télévision et de l’USPA (Union syndicale de la production audiovisuelle). La deuxième réunion est programmée en septembre et portera sur les nouveaux modèles de production et de diffusion, autour des créateurs de contenu, vidéastes et producteurs web. En octobre et novembre le Club planchera sur les mutations des usages et la viabilité de l’économie de l’information et sur l’impact des plateformes mondiales et de l’IA à l’échelle européenne. En décembre, il se penchera sur la question de la production cinématographique. Enfin en janvier, les membres du Club traiteront des problématiques propres à l’audiovisuel public en Europe.
  • Pourquoi c’est important. L’espace médiatique semble actuellement pris en étau : par le haut, les plateformes extra-européennes captent l’économie de l’attention avec des logiques indifférentes aux exigences démocratiques ; par le bas, les médias s’asphyxient sous la triple chute des recettes publicitaires, des abonnements et des financements publics. L’IA générative ajoute une troisième pression : demain, une part croissante des contenus consommés en France pourrait être produite par des algorithmes entraînés sur des valeurs et des imaginaires étrangers aux nôtres. "Défendre notre souveraineté médiatique n’est pas un combat partisan, mais l’engagement commun de toutes celles et ceux qui croient à l’avenir des démocraties libérales", écrivaient Clément Beaune et Mathieu Gallet dans une tribune publiée en mai.
  • En coulisses. Le nouveau comité de pilotage du Club Galilée rassemble des personnalités aux parcours diversifiés : aux côtés de Mathieu Gallet (secrétaire) et d’Olivier Zegna Rata (délégué général), on trouve notamment Justine Ryst, ancienne directrice générale de YouTube France, Léna Mahfouf, alias Léna Situation et Jérôme Caza, président du SPECT (Syndicat des producteurs créateurs de programmes audiovisuels). Leur ambition est que leur rapport s’impose comme la contre-proposition de référence au rapport Alloncle et devienne une feuille de route pour réformer le secteur sans le démanteler, fondée sur une analyse partagée par l’ensemble des acteurs et des problématiques de la filière.
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