Sénatoriales : des députés… candidats pour devenir sénateurs
Sur les listes pour les sénatoriales, qui seront déposées ce 7 septembre, on trouve plusieurs députés. Tour d’horizon.
- Ce qu’il faut savoir. Les député(e) s sont moins nombreux que lors des municipales de mars à être candidats aux élections sénatoriales du 27 septembre, qui verront renouvelés les sénateurs de la moitié des départements. Sur les 348 sièges de sénateurs, très précisément 178 seront à renouveler, dans les départements immatriculés de 01 (Ain) à 36 (Indre) et de 67 (Bas-Rhin) à 90 (Territoire de Belfort). Il est vrai que, même si les dernières municipales ont modifié la donne ici ou là, nombre de sénateurs sortants seront candidats à leur réélection. Les dépôts officiels de candidatures auront lieu du 7 au 11 septembre, mais beaucoup sont déjà en campagne depuis cet été.
- Dans le détail… Chez LR, la députée Valérie Bazin-Malgras est ainsi candidate dans l’Aube. En revanche Alexandre Portier, président LR de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée, un temps annoncé dans le Rhône, a finalement renoncé.
Chez Renaissance (EPR), deux députées sont candidates : Olga Givernet, ex-ministre de l’Énergie de l’éphémère gouvernement Barnier, dans l’Ain et Julie Delpech dans la Sarthe.
Chez Horizons, Loïc Kervran sera candidat dans le Cher, où les deux sortants LR ne se représentent pas. Et Christophe Plassard l’est également en Charente-Maritime, où il peut espérer succéder à Daniel Laurent, celui des deux sortants LR qui ne se représente pas.
Au MoDem enfin, seule Blandine Brocard est candidate dans le Rhône, à la différence de Philippe Latombe, qui y a renoncé en Vendée.
C’est clairement et de loin au sein du groupe RN, présidé par Marine Le Pen, que les députés sont les plus nombreux à être candidats à rejoindre le palais du Luxembourg : Julien Rancoule l’est dans l’Aude, comme Joëlle Melin, Romain Tonussi, Emmanuel Foucart et José Gonzalez dans les Bouches-du-Rhône. Géraldine Grangier est aussi candidate dans le Doubs, comme Sylvie Josserand dans le Gard, Pascal Markowsky en Charente-Maritime, Edwige Diaz en Gironde, Robert Le Bourgeois en Seine-Maritime - derrière Albane Duteurtre, déjà sa suppléante et secrétaire générale adjointe du groupe RN à l’Assemblée – mais aussi Frank Giletti et Philippe Schreck dans le Var, où Frédéric Bocaletti - également maire de Six-Fours, mais toujours député en raison d’un recours - et Laure Lavalette sont suppléants.
Député du groupe UDR que préside Éric Ciotti, Bartolomé Lenoir est candidat UDR-RN dans la Creuse. Comme Fabrice Durnerin, suppléant de la députée UDR Sophie Vaginey-Ricourt, dans les Alpes-de-Haute-Provence, avec pour suppléante Aurélie Abeille, collaboratrice du député RN Christian Girard. Et pour faire bonne mesure, sont aussi candidats les députés RN européens Gilles Pennelle en Ille-et-Vilaine, ou Julien Léonardelli en Haute-Garonne, qui était déjà en lice aux municipales à Toulouse.
Jacques Oberti est pour sa part, semble-t-il, le seul député PS candidat en Haute-Garonne, et en position difficilement éligible. À noter : Thomas Jacquelin, l’assistant parlementaire de François Hollande, est aussi candidat en Corrèze.
Côté LFI, si plusieurs députés (Jean-François Coulomme en Savoie, Élise Leboucher dans la Sarthe, Murielle Lepvraud en Côtes-d’Armor) ont contribué à désigner les candidats LFI dans leurs départements, Gabriel Amard - par ailleurs gendre de Jean-Luc Mélenchon – a priori le seul à être tête de liste dans le Rhône, constitue le principal espoir du mouvement de faire son entrée au Sénat.
Aucun député communiste ne devrait être candidat ce 27 septembre. Il est vrai que seuls 4 des 18 membres du groupe Communiste Républicain Citoyen et Écologiste-Kanaky (CRCE-K) sont renouvelables cette année.
Enfin, ancien député PS, Jean-Louis Bricout, conduit une liste d’union de la gauche dans l’Aisne. Tandis que Nicolas Villenet, suppléant du député Jean-Luc Warsmann (LIOT), est candidat dans les Ardennes. Comme David Camus, suppléant de la députée Écologiste Catherine Hervieu, candidat sur la liste de gauche et du centre menée en Côte d’Or par l’ancien ministre, François Rebsamen. - Entre les lignes. Pourquoi ces députés veulent-ils quitter l’Assemblée pour le Sénat ? Parmi les raisons possibles, il y a l’espoir d’un statut confortable assuré pour six ans, plutôt que de devoir repartir en campagne dès le printemps prochain. Pour certains partis, comme le RN, qui ne compte que trois sénateurs sortants, c’est dans l’espoir de franchir le seuil de 10 sénateurs, ce qui permet de constituer un groupe, synonyme de moyens accrus au Sénat.