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Médias / Cinéma / 07/09/2026

Comment Emmanuel Macron compte faire du cinéma un enjeu de souveraineté

Emmanuel Macron se rend ce lundi à Saint-Paul-de-Vence, pour coprésider avec son homologue sud-coréen Lee Jae-myung le premier Sommet Lumière, consacré au cinéma et à l’image animée.

Tournage d'une série d'époque dans les rues de Paris (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut savoir. Ce sommet Lumière avait été décidé en avril, lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron à Séoul, l’année du 140e anniversaire des relations diplomatiques franco-coréennes. Quelque 200 représentants de 65 pays sont attendus ce lundi à la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence, en présence du chef de l’État et du Président Coréen Lee Jae-myung. Autour de la table : les dirigeants de Netflix, Disney, Universal et Sony Pictures, mais aussi le patron de HBO, la Coréenne Miky Lee, vice-présidente de CJ Group, la productrice nigériane Mo Abudu, le cinéaste chinois Jia Zhangke et les principales entreprises françaises du secteur, de Canal + à TF1, France Télévisions, Mediawan, Pathé, Gaumont et Arte. Les discussions porteront sur l’intelligence artificielle, le financement des productions, l’avenir des salles, la circulation des œuvres, le piratage, l’éducation aux images et la préservation du patrimoine cinématographique.
  • Pourquoi c’est important. Sous son habillage culturel, le sommet doit d’abord servir d’accélérateur économique. L’Élysée et le CNC préparent l’annonce de plusieurs productions internationales ayant choisi de tourner en France, accompagnée d’un chiffre global que les organisateurs présentent comme particulièrement élevé. L’Élysée veut ainsi démontrer que l’ajustement du crédit d’impôt international voté par le Parlement en février a déjà replacé la France dans la compétition mondiale pour l’accueil des tournages. "On veut produire des résultats, avoir des livrables et que ce sommet ait un impact", insiste l’entourage du président.
  • En coulisses. Le choix de la Fondation Maeght répond à une volonté de tenir les échanges à distance des grands formats protocolaires. "Nous ne sommes pas dans les dorures", prévient un conseiller de l’Élysée, qui présente le rendez-vous comme une "réunion de travail et d’action". Le casting a également été soigneusement équilibré. Malgré la présence de l’état-major d’Hollywood, la délégation américaine ne représente qu’environ 15 % des invités. L’Élysée et le CNC ont tenu à donner une place visible à la Corée du Sud, à l’Afrique, à l’Amérique latine et aux industries européennes. Les nouveaux intermédiaires de l’image n’ont pas été oubliés : TikTok et Google doivent être représentés au niveau de vice-présidents.
  • Entre les lignes. La réunion intervient au moment où la concurrence pour attirer les productions se durcit. Le 31 août, Donald Trump a demandé au Congrès américain d’adopter rapidement une incitation fiscale fédérale afin de maintenir aux États-Unis les emplois du cinéma et de la télévision. La France s’apprête donc à vanter son propre crédit d’impôt devant les dirigeants des studios américains quelques jours seulement après cette relance de l’offensive de Washington. Paris ne veut toutefois pas donner au sommet l’allure d’un front anti-Hollywood. Il s’agit plutôt d’installer une coalition autour du modèle français : soutien public à la création, obligations de financement imposées aux diffuseurs, protection du droit d’auteur et maintien d’une industrie nationale forte. La coprésidence coréenne permet de sortir du face-à-face entre l’Europe et les États-Unis.
    Emmanuel Macron veut traiter la culture comme un instrument de politique industrielle et de puissance. Derrière la défense de la diversité culturelle se trouvent des emplois, des investissements, des infrastructures de tournage, des retombées touristiques et la capacité d’un pays à produire ses propres récits. À l’approche de la fin de son second mandat, le Président veut inscrire la culture dans son bilan diplomatique.
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