Royaume-Uni : comment l’excès de normes et d’encadrement bride la croissance (IEA)
L’IEA décrit un "capitalisme de commandement", où les entreprises britanniques doivent exécuter les objectifs politiques du gouvernement britannique. Un choix qui serait délétère pour la croissance.
- Le constat. Pour Christopher Snowdon, responsable de l’économie des modes de vie à l’IEA, l’Institute of Economic Affairs, l’État britannique ne cherche pas à nationaliser : il laisse les industries aux mains du privé, mais les soumet à tant de règles, d’objectifs et de quotas qu’elles pourraient aussi bien être gérées par lui. Deux traits caractérisent ce modèle. Le premier est la coercition des entreprises au service de missions non économiques (neutralité carbone, lutte contre l’obésité, "diversité"). Le second est la défiance envers le mécanisme des prix, remplacé par des plafonds, des subventions et des décisions judiciaires. Rien à voir, selon lui, avec un capitalisme de connivence : ce modèle profite rarement aux entreprises et les rend souvent moins efficaces.
- Ce que cela montre. La note de l’IEA étaye ce constat avec des exemples : le "Zero Emission Vehicle Mandate" par exemple, impose aux constructeurs une part de ventes électriques. Ceux qui ne l’atteignent pas paient jusqu’à 15 000 livres d’amende par véhicule thermique vendu au-delà du quota. Les fabricants de chaudières paient 500 livres par pompe à chaleur manquant à leur objectif. En mai 2026, selon le Telegraph, Rachel Reeves, alors ministre des finances, proposait aux supermarchés d’échapper à certaines réglementations en échange d’un plafonnement "volontaire" des prix alimentaires. L’État fixe déjà, de fait, les tarifs de l’énergie, de l’eau, des trains, des bus et des timbres. Et avec le Renters' Rights Act, c’est désormais un tribunal qui peut déterminer le "loyer de marché" d’un logement contesté par son locataire.
- Pourquoi c’est important. Selon Christopher Snowdon, ce système donne aux politiques "le pouvoir sans la responsabilité" : ils fixent l’ambition, les entreprises en assument le coût et la faute quand les prix montent. Une économie qui place des objectifs non économiques au-dessus de la productivité ne peut, estime-t-il, produire de croissance. Face à la stagnation, les gouvernants ajoutent des plafonds de prix et dénoncent les "profiteurs", tandis que les grandes entreprises doivent publier toujours plus d’informations (écarts de rémunération, climat, conditions de travail…). Une spirale qui, selon l’auteur, briderait la croissance.