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Business / Publicité / 05/10/2026

L’Étoile des Mers, la petite holding qui a rendu Havas à la famille Bolloré

Passée inaperçue, la reconquête d’Havas par les Bolloré, via une holding présidée par Yannick, a été financée avec l’argent du groupe. Elle dessine la succession de Vincent Bolloré.

Yannick Bolloré, lors de l'assemblée générale de Vivendi, en avril 2023, à Paris (photo Alain Jocard/AFP).
  • Ce qu’il faut savoir. Deux ans après la scission de Vivendi, Havas est redevenue une affaire de famille. Au 19 février 2026, les entités contrôlées par la famille Bolloré détenaient 53 % du capital du groupe coté à Amsterdam, contre 30,4 % pour Bolloré SE lors de la cotation de décembre 2024. Le secret de cette reconquête se trouve au sein de l’Étoile des Mers, une holding détenue à 51 % par Bolloré Participations et à 49 % par la Compagnie de l’Odet.
  • Comment cela s’est produit. Le scénario tient en trois temps. Décembre 2024 : Yannick Bolloré achète 2,9 % d’Havas via YB6, une coquille créée un mois avant la cotation, grâce à un prêt de 17,5 millions d’euros fait par l’Étoile des Mers. L’an passé l’Étoile des Mers rapatrie sa trésorerie et achète à son tour sur le marché 14 % d’Havas pour 204,5 millions d’euros, financés aux trois quarts par 166 millions d’euros de comptes courants du groupe. Enfin en février 2026 YB6 est absorbée. Si bien que la participation de l’Étoile des Mers grimpe à 22,6 % pour un coût d’achat de 347 millions et Yannick Bolloré prend la présidence de la holding.
  • Pourquoi c’est important. En choisissant Amsterdam, Vincent Bolloré avait doté Havas d’une fondation de droit néerlandais, chargée d’en garantir l’indépendance. Ce montage dit autre chose. Bolloré SE, riche de 5,6 milliards de trésorerie à la fin de l’année passée, n’a pas acheté une action Havas ; elle a distribué 4,2 milliards, faute de "réinvestissement significatif". La famille, elle, a trouvé où réinvestir, avec l’argent du groupe. Résultat : un véhicule présidé par Yannick Bolloré. De là à imaginer qu’un jour il détiendra la totalité de l’Étoile des Mers, ce qui en fera l’actionnaire principal d’Havas en plus d’en être le dirigeant.
  • Entre les lignes. Ces achats de titres effectués par la famille Bolloré relèvent aussi du bon sens. Havas vaut 1,8 milliard en Bourse, soit moins que ses fonds propres, huit fois ses bénéfices 2026, avec un rendement de 5,3 % et un cash-flow libre égal à 19 % de sa capitalisation. Publicis se paie 12,6 fois ses bénéfices. Au cours actuel, l’Étoile des Mers affiche déjà une plus-value latente de 60 millions d’euros sur sa mise. Et ce n’est peut-être pas terminé puisque les analystes d’Oddo BHF ont fixé un objectif de cours à 23 euros. Ce qui laisse apparaître un potentiel de hausse de 27 % pour ce groupe qui a signé huit acquisitions en un semestre, et affiche une croissance organique de 2,5 %.
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