Après l’Alsace, l’Auvergne : Arverne fore la carte du lithium français
Certifié à 26 millions de tonnes de ressources et 43 millions de potentiel en Alsace, doté d’un nouveau permis en Limagne, Arverne change d’échelle. Son tour de table, de Renault à Montebourg, y croit.
- Ce qu’il faut savoir. Il y a quelques jours, Arverne a publié les résultats d’une évaluation indépendante sur ses permis exclusifs de recherches d’Alsace du Nord : 26 millions de tonnes d’équivalent carbonate de lithium (LCE) en ressources indiquées et déduites, et un potentiel total d’exploration pouvant atteindre 43 millions de tonnes. Or quelques jours plus tôt, l’État avait accordé à une de ses filiales le PER "Bassin de Limagne" : 442 km² dans le Puy-de-Dôme, 62 communes, cinq ans, au moins 12 millions d’euros de travaux minimum. Une teneur de 81 mg de lithium par litre a déjà été relevée au puits des Vergnes, au nord de Clermont-Ferrand. Arverne détient neuf PER, dont trois dédiés au lithium. Prochaine étape : la certification des réserves, attendue au premier trimestre 2027.
- Pourquoi c’est important. Parce que le gisement dépasse de très loin les premières estimations. La feuille de route présentée le 26 mars, vise 27 000 tonnes de carbonate de lithium par an en Alsace à l’horizon 2031-2033, de quoi équiper 800 000 véhicules électriques, soit un tiers de la demande française estimée en 2035, après une première production en 2028. Sur trente ans, ce plan consomme 810 000 tonnes : 3 % des ressources indiquées, moins de 2 % du potentiel. Sur le papier, à 20 000 dollars la tonne, 43 millions de tonnes valent 860 milliards de dollars ; un chiffre qui ne vaut rien tant que rien n’est classé en réserves, mais qui dit l’échelle. Il faut dire que le carbonate de qualité batterie, tombé autour de 15 000 dollars la tonne en janvier, a dépassé 24 000 dollars en mai avant de se stabiliser vers 20 000. Mais il va falloir investir massivement. C’est pourquoi Arverne a levé 70 millions d’euros à 7 % en juillet et sa filiale Lithium de France a émis des obligations convertibles avec Equinor en mai. De plus une augmentation de capital est à l’étude.
- En coulisses. Le tour de table d’Arverne est impressionnant. Geogreen, la holding de Pierre Brossollet détient 25,8 % du capital. Les fondateurs du SPAC Transition, qui a porté Arverne en Bourse en septembre 2023, en gardent 20,2 % : Xavier Caïtucoli, cofondateur de Direct Energie (6,4 %), le banquier Erik Maris via Schuman Invest (3,9 %) et Eiffel Essentiel (9,9 %). Suivent Ademe Investissement (9,3 %), Renault (7,8 %, lié par un contrat d’approvisionnement en lithium), Norsk Hydro (5,3 %), Bpifrance (5,3 %) et Crédit Mutuel Equity (3,6 %). Chez Lithium de France, Arverne (73,8 %) cohabite avec Equinor Ventures (24,4 %), entré dès 2021 aux côtés de Pacifico, la holding de Jean-François Hénin, et Les Équipes du Made in France d’Arnaud Montebourg.