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Business / Distribution / 12/10/2026

Kretinsky perd le contrôle de 2,6 milliards d’euros de ventes en Russie

Vladimir Poutine a placé sous administration temporaire la filiale russe de Metro, le grossiste allemand contrôlé par Daniel Kretinsky. Elle pèse 8 % des ventes du groupe et 11 % de son Ebitda.

Hypermarché Metro, à Moscou, fin septembre 2026 (photo Alexander Nemenov/AFP).
  • Ce qu’il faut comprendre. Vladimir Poutine a signé le 28 septembre un décret qui place sous administration temporaire les sociétés russes de Metro. Le texte vise Metro Cash & Carry, l’entité qui exploite les 91 magasins de gros de l’enseigne dans le pays, ainsi que deux sociétés détenant des actifs logistiques et immobiliers. Leur gestion est confiée à UK Torg RUS, une société au capital de 10 000 roubles, enregistrée à Moscou le 8 septembre. Elle appartient à Johannes Tholey, qui dirige la filiale russe de Metro depuis 2023. Le Kremlin avait justifié la mesure prise quelques jours plus tôt contre Auchan et Nestlé par l’appartenance de ces groupes à des pays qu’il juge inamicaux. Présent en Russie depuis 2001, Metro y emploie environ 9 000 personnes. Il est contrôlé par EP Global Commerce, la holding de Daniel Kretinsky et de son associé Patrik Tkac.
  • Pourquoi c’est un problème pour Metro. La Russie pèse davantage dans les résultats de Metro que dans son activité. Sur l’exercice 2024-2025, clos fin septembre 2025, cette région a dégagé 135 millions d’euros d’Ebitda ajusté pour 2,6 milliards de chiffre d’affaires. Cette filiale représentait 8 % des ventes du groupe et 11 % de son Ebitda ajusté. Ses comptes sociaux font état d’un profit d’environ 47 millions d’euros alors que le groupe Metro a perdu 224 millions sur son dernier exercice publié. Metro a indiqué avoir réduit depuis 2022 les liens entre sa filiale russe et la maison mère.
  • Entre les lignes. Cette saisie intervient alors que Metro vient de changer de patron. Steffen Greubel a quitté la présidence du directoire le 30 septembre, en invoquant des divergences sur l’orientation future du groupe. Son mandat avait été prolongé en décembre 2025 jusqu’à fin 2030. Le directeur financier Éric Riegger, ancien d’Aldi et de Lidl, lui a succédé le 1er octobre en conservant les finances. Les comptes sont déficitaires depuis deux exercices et la perte a atteint 173 millions d’euros au premier semestre 2025-2026. En Allemagne, la conversion de l’enseigne au seul commerce de gros pèse sur les ventes et sur le résultat.
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