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Pouvoirs / Présidentielle / 12/10/2026

Comment l’institut Montaigne veut peser dans la présidentielle

Le think tank a présenté 23 notes thématiques, couvrant les grands enjeux de la campagne, afin d’inspirer les candidats. Et les aider à faire ces arbitrages auxquels nous ne pouvons plus échapper…

Quelques unes des 23 notes de l'Institut Montaigne pour la présidentielle (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut retenir. Ces 18 derniers mois, les membres et experts de l’Institut Montaigne ont travaillé de façon indépendante et collégiale à l’élaboration de 23 notes thématiques (rangées dans quatre grandes catégories, "se protéger", "créer de la richesse", "vivre ensemble" et "mettre en œuvre"), afin, d’abord, de dresser un constat le plus juste possible de l’état de la France, puis de proposer des pistes de réformes. Certaines sont relativement inédites (comme l'idée de nommer un ministre "de la sécurité économique", de lancer la construction d'un "navire hôpital destiné à porter secours partout dans le monde ou d'éxonérer de droits de mutation les primo-accédants, à hauteur de 250 000 euros...), d’autres déjà présentes dans le débat depuis plusieurs d’années (en finir avec les 35 heures, réduire les charges et la fiscalité de production, imposer une part de retraite par capitalisation...).
  • Le constat général. Pour Henri de Castries, qui préside l’Institut Montaigne, "nous sommes aujourd’hui à la fin d’un cycle. C’est comme si nous arrivions au terme d’un pacte faustien : nous avons acheté du temps et nous voyons le diable se présenter à la porte pour nous présenter l’addition. Et alors même que nous avons les dépenses publiques les plus élevées des pays de l’OCDE, des transferts sociaux sans équivalent et une pression fiscale parmi les plus fortes… nous faisons face à une grande insatisfaction sociale." En réponse, l’Institut propose dans ses notes 90 recommandations générales et 400 recommandations spécifiques, secteur par secteur. Avec, pour chacune, la recherche d’un impact maximal, pour agir vite et fort, l’assurance de la faisabilité opérationnelle et un chiffrage, pour être concret et, enfin, une mesure de l’acceptabilité des propositions, pour fédérer sans fragmenter.
  • Parmi les mesures proposées... L’Institut milite pour que le salaire net soit le plus proche du brut. Il propose pour cela d’alléger les cotisations sociales en finançant certaines dépenses de santé ou pour la famille avec une hausse de la TVA. "En France, on a favorisé la consommation au détriment de la production", estime Henri de Castries, avec une des TVA les plus faibles d’Europe. L’Institut estime pouvoir augmenter le salaire net médian de 5 à 10 % avec cette mesure.
    Sur l’efficacité de l’action publique : l’Institut recommande de supprimer les 1 200 indicateurs actuellement utilisés pour se concentrer sur 5 critères. La mesure de la performance des fonctionnaires étant un chantier prioritaire, avec des objectifs et primes individualisés.
    Sur le millefeuille territorial, si la suppression des départements reste une possibilité évoquée, il s’agirait surtout de redéfinir strictement les compétences de chaque collectivité.
    Enfin, sur l’Europe, l’Institut insiste sur la nécessité que la France retrouve sa crédibilité. "Vu de nos partenaires nous sommes le pays qui fait le plus de promesses… mais en tient le moins", s’inquiète Henri de Castries.
    Pour Marie-Pierre de Bailiencourt, directrice générale de l’Institut Montaigne, "ces notes ne sont pas un programme mais des outils pour faire les bons. Il ne s’agit pas de prêt-à-penser, mais de recommandations qui montrent une voie possible et praticable. Ce sont des notes très opérationnelles, qui disent quoi, qui, comment, combien… De quoi se projeter, sans être dans le déni".
  • Pour aller plus loin. Des échanges sont prévus avec les directeurs de campagne et les principaux candidats, à qui ces notes ont déjà été envoyées. Ces 23 premières notes, seront complétées par deux autres, publiées plus tard dans l’année : une note sur le budget et la dette, une fois le PLF bouclé, et une note consacrée aux mesures urgentes à prendre lors des premiers mois du mandat du futur président. L’Institut va également organiser des conférences autour de ces propositions dans une dizaine de grandes villes (le 30 octobre à Marseille, puis à Strasbourg, Lille, Rennes…), avec des élus, des citoyens, des fonctionnaires et des entrepreneurs. Enfin, à partir de février, les experts de l’Institut réaliseront un chiffrage indépendant des programmes des dix principaux candidats.
Cette semaine, dans la rubrique Pouvoirs
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