Bras de fer social chez EBRA, qui fait appel parallèlement à Laurent Berger
Les salariés des neuf quotidiens d’Est Bourgogne Rhône Alpes (EBRA), le groupe de presse régionale du Crédit Mutuel, étaient en grève vendredi 9 octobre. En cause, l’annonce en juin dernier d’un "megaplan" de départs volontaires qui comporterait 400 suppressions de postes (sur environ 3 400 collaborateurs), soit 12 % de l’effectif total. Chez les journalistes, les éditeurs représentent la majorité des coupes, grâce à un recours renforcé à l’intelligence artificielle que le syndicat SNJ conteste. La direction du groupe prévoit aussi l’arrêt de deux lignes d’impression aux Dernières nouvelles d’Alsace (DNA) et au Dauphiné libéré, entraînant plusieurs dizaines de suppressions de postes chez les rotativistes.
Le groupe EBRA se trouve dans une situation financière délicate, ayant enregistré une perte nette de 35 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 479 millions d’euros en 2025.
À côté des économies annoncées, le groupe EBRA continue son développement notamment sur l’événementiel. Avec l’Institut Mutualiste pour l’Environnement et la Solidarité de Crédit Mutuel Alliance Fédérale, il vient de lancer La République des Lecteurs, un think tank dédié aux enjeux de l’information et de la démocratie. Son animation est confiée à Laurent Berger, l’ancien secrétaire général de la CFDT, collaborateur du groupe Crédit mutuel depuis 2023, et il s’appuie sur un conseil scientifique de 11 personnalités, présidé par le sociologue Gérald Bronner.
Le think tank entend concevoir et tester des réponses concrètes autour de trois axes de travail : la formation de l’esprit critique, la fabrique du débat public et la création de nouveaux espaces de dialogue. Les initiatives pourraient notamment porter sur l’éducation aux médias, l’organisation de forums citoyens ou la mobilisation d’annonceurs en faveur de la presse locale.