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Business / Fusions et acquisitions / 19/10/2026

La belle remontada de Lazard Frères

Huit opérations depuis août et une cinquième place en France avec des volumes triplés. La maison du boulevard Haussmann retrouve de l’appétit dans un marché en surchauffe.

Jean-Louis Girodolle, à la tête de la banque Lazard Frères à Paris (photo D.R.).
  • Ce qu’il faut savoir des opérations menées par la banque. Depuis le mois d’août, la banque Lazard Frères, que dirige Jean-Louis Girodolle, a apposé son nom sur une série d’opérations qui couvrent à peu près tout le spectre du métier. Dernière en date, l’acquisition par le Crédit Agricole de l’allemande IKB Deutsche Industriebank, rendue publique la semaine passée. L’acheteur était conseillé par l’associé-gérant Corso Bavagnoli à Paris et par Marcus Schenck en Allemagne. Au même moment Eramet a annoncé son augmentation de capital, un dossier sur lequel Isabelle Xoual et Cédric Léoty conseillent la famille Duval, actionnaire du groupe minier à travers la Sorame. L’associé-gérant Pierre Ouaknin a pour sa part mené deux cessions dans le transport, celle de Fraikin à Asterion Industrial Partners et celle de Deret à Geodis. Lazard figure aussi comme conseil de Paprec qui vient d’entrer en négociations exclusives pour racheter les activités tchèques et slovaques du danois Marius Pedersen. Une opération d’environ 600 millions d’euros suivie au sein de la banque d’affaires par Thomas Picard. Lazard a aussi accompagné l’entrée d’Attijariwafa Bank au Ghana à la faveur du retrait de la Société Générale. S’y ajoute l’introduction en Bourse de Pasqal par fusion avec un Spac qui valorise la pépite quantique 2,6 milliards de dollars.
  • Pourquoi c’est important. Depuis deux ans et le départ de trois associé-gérants pour le bureau parisien d’Evercore, il était de bon ton de railler Lazard. Or selon LSEG, Lazard pointe au cinquième rang des conseils en fusions-acquisitions à implication française sur neuf mois, avec 48,4 milliards de dollars de transactions contre 15,2 milliards un an plus tôt. Sa part de marché a bondi en un an de 12,6 % à 29 %. Le terrain s’y prête, puisque le marché français a progressé de 38 % à 166,7 milliards de dollars. Encore fallait-il capter les gros tickets. Lazard a conseillé Xavier Niel pour l’achat à l’Émirati e & de 16,2 % de Vodafone, un chèque de 4,4 milliards de livres qui fait du fondateur de Free le premier actionnaire de l’opérateur britannique. La banque est aussi au cœur de la vente de SFR aux côtés d’Altice France, un dossier à plus de 20 milliards d’euros qui redessinera les télécoms français. Ce regain coïncide avec une posture plus offensive. Il y a un mois Lazard a racheté Altamoda, la boutique fondée par Grégoire Heuzé, ancien de Rothschild et de Centerview, qui revient comme associé-gérant dans la maison de ses débuts.
  • En coulisses. Le mercato ne s’arrête pas là. Le 5 octobre, Lorenzo Bini Smaghi a rejoint la banque comme senior advisor pour l’Europe. L’ancien membre du directoire de la BCE, qui présidait encore cette année le conseil de la Société Générale, épaulera les associés auprès des grands clients financiers et des États. Le recrutement tombe à pic alors que la consolidation bancaire européenne nourrit les mandats, comme l’illustre le dossier IKB. Reste à transformer l’essai.
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