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Business / Télécoms / 19/10/2026

Xavier Niel détiendrait aujourd’hui 19,5 à 20 % du capital de Vodafone

Selon nos informations, le fondateur d’Iliad a ramassé des titres Vodafone tout l’été et frôle désormais les 20 % du capital. Un seuil choisi avec soin, qui en dit long sur ses intentions.

Xavier Niel et Margherita Della Valle (photos Ludovic Marin/AFP et Sean Gallup/Getty Images - photomontage La Lettre de l'Expansion).
  • Ce que nous avons appris. Trois mois après avoir racheté à l’Émirati e & le bloc de 16,2 % qui faisait de lui le premier actionnaire de Vodafone, Xavier Niel n’a pas attendu le feu vert des autorités britanniques pour aller plus loin. Selon nos informations, son véhicule Vega a continué d’acheter des titres de l’opérateur en Bourse tout au long de l’été, au point de détenir aujourd’hui un peu moins de 20 % du capital. La presse britannique évoquait déjà 18 %, au début du mois de septembre. Le mouvement ne se serait donc pas arrêté là.
  • Ce que cela représente comme investissement. Le bloc initial, payé 110,4 pence par action hors dividende, avait coûté 4,4 milliards de livres, soit un peu plus de 5,1 milliards d’euros. La tranche supplémentaire, ramassée au fil de l’eau à des cours oscillant entre 105 et 125 pence, représenterait un peu plus d’un milliard d’euros. L’investissement total frôlerait donc 6,3 milliards d’euros, financé par Xavier Niel lui-même et par des banques, sans recours à Iliad. Au cours actuel, proche de 120 pence, le bloc racheté à e & affiche déjà une plus-value latente de plusieurs centaines de millions d’euros. Si Xavier Niel s’arrête pour le moment sous le seuil des 20 % du capital, c’est sans doute pour des raisons comptables ou de perception, pas réglementaire. Au-delà de 20 %, il devrait probablement mettre Vodafone en équivalence dans ses comptes, ce qui est peut-être justement ce qu’il veut éviter. Notre tycoon français des télécoms s’arrête donc juste en dessous des 20 %, comme il l’avait fait chez Tele2 avec 19,8 %.
  • Pourquoi c’est important. C’est bien le précédent suédois, avec celui de Millicom, qui donne la mesure de ses ambitions. Dans le communiqué de juillet, il citait ces deux dossiers pour rappeler qu’il avait "fait ses preuves" en aidant des sociétés cotées à créer de la valeur pour leurs actionnaires. Chez Tele2, où il est entré début 2024, il a obtenu en quelques mois le départ du directeur général, trois sièges au conseil pour des dirigeants d’Iliad et un plan de réduction de 15 % des effectifs. Chez Millicom, dont il détient désormais 49,5 % des titres, le conseil a été remanié et les cessions se sont enchaînées, jusqu’à faire plus que doubler le cours. Interrogé sur Vodafone, Xavier Niel dit en espérer "un retour comparable à celui de Millicom". Le document déposé fin août auprès de la SEC américaine ne dit pas autre chose. Vega y annonce qu’elle dialoguera avec le conseil et la direction, et n’écarte ni fusion, ni scission, ni changement de dirigeants.
  • Va-t-il rester minoritaire ? Xavier Niel a promis, conformément au code britannique des offres, de ne pas lancer d’OPA et se présente comme un actionnaire minoritaire "engagé sur le long terme". Mais Margherita Della Valle, la directrice générale, sait qu’il jugeait encore en 2024 le groupe "trop gros, trop lent, trop complexe". Après les ventes de l’Espagne et de l’Italie, la fusion avec Three au Royaume-Uni et le milliard de livres d’économies promis par VodafoneThree, le premier actionnaire estime qu’il reste "énormément de valeur à créer". L’Allemagne sera, peut-être, son premier terrain d’exigence.
  • En coulisses. La société Vega qui détient les titres Vodafone n’appartient pas à Iliad. Cette société par actions simplifiée, domiciliée au 16, rue de la Ville-l’Évêque, à Paris, où sont logées toutes les sociétés du groupe, est contrôlée par Maya, une holding personnelle de Xavier Niel et de sa famille. Le bloc Vodafone est donc détenu en direct, hors du bilan d’Iliad et hors de portée de ses créanciers. C’est l’architecture retenue pour Millicom, porté par Atlas Investissement, et pour Tele2, dont les titres sont logés chez Freya. Les actifs auxquels il tient le plus, de Salt à Unibail, obéissent à la même logique. Xavier Niel ne joue pas seulement avec l’argent de son groupe. Il joue avec le sien et avec celui de ses enfants, dont l’un, Jules, siège déjà au conseil de Millicom.
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