Exit la primaire, bonjour le congrès >
Les adhérents des Républicains y voient un peu plus clair depuis ce week-end : les résultats du scrutin numérique rendus public par Christian Jacob avant-hier samedi sont sans appel. C'est à l'issue d'un congrès du parti que les adhérents, par vote, désigneront leur candidat à l'élection présidentielle. Dans le détail, plus de six votants sur dix ont choisi l'option d'un congrès à deux tours : il n'y aura donc pas de primaire pour désigner le candidat, au moment où le patron du parti Christian Jacob et plusieurs candidats y étaient hostiles (à l'inverse de Valérie Pécresse ou de Michel Barnier), comme vous le révélait votre Lettre il y a plusieurs semaines. Cette option ouvre donc la voie à une participation de Xavier Bertrand qui, le 23 septembre dernier, avait dit être « prêt à se soumettre » à un congrès. « La primaire de 2016 a laissé un traumatisme encore bien présent, le congrès est le choix de la cohérence de et la tranquillité pour nous tous », explique un parlementaire LR qui a vécu de près les déchirements de 2016. Les candidats pour le congrès devront eux « se reconnaître dans les valeurs de la droite et du centre », tout en ayant recueilli « au moins 250 parrainages d'élus » soutenus par les Républicains. Le candidat définitif, lui, sera connu le 4 décembre prochain. De quoi, d'ici-là, mener sereinement une campagne interne ? « Il ne faut surtout pas que l'on renvoie l'image de division comme en 2016, ce serait absolument catastrophique », confie à La Lettre un membre du bureau national. D'autres parlementaires LR raillent, sous couvert d'anonymat, la procédure, qui s'est dotée d'une « clause anti-Zemmour », et dont la sociologie électorale se rapproche des Républicains. « Quoi qu'il arrive, il faudra quand même se battre pour que notre candidat ou candidate fasse plus qu'Éric Zemmour et aussi bien que Bertrand », lâche un député LR. Aux Républicains, les prochains mois s'annoncent mouvementés.