Bain Capital cherche à se franciser pour l'emporter sur Equans >
Depuis la mi-septembre, le comité ad hoc du conseil d'administration d'Engie a établi une short-list de cinq « papabile » susceptibles de racheter la participation du groupe au capital d'Equans. Un actif qui vaut – au bas mot – 5 milliards d'euros et qui a attiré pas moins de dix candidatures initiales.
Les administrateurs d'Engie ont donc retenu les propositions des trois groupes industriels : Eiffage, Spie, et Bouygues et celles de deux fonds Apollo et Bain Capital. Mais à Bercy, et même à l'Élysée où l'on suit ce dossier de près, tout est fait pour qu'Equans reste dans des mains françaises, surtout à cinq mois des élections présidentielles et alors que le mot « souveraineté » scande déjà tous les discours de la campagne. Il y a un favori – ce n'est un secret pour personne – c'est Bouygues, qu'Emmanuel Macron a choisi de choyer. Peut-être pour se faire pardonner de ne pas lui avoir confié SFR il y a quelques années, ou parce que le projet de rapprochement TF1-M6 pourrait mal tourner pour des questions de concurrence.
De son côté, Bain Capital veut à tout prix faire le deal, quitte à se draper de tricolore. Ses dirigeants ont donc été voir ceux de la BPI (déjà dans le deal Spie) mais se seraient fait éconduire. De fait, ils se sont tournés vers Bouygues pour faire une alliance avec un partage à la clé. Mais, selon nos informations, l'accueil n'a pas été plus chaleureux. Enfin, ils auraient demandé à Engie de conserver 20 % du capital d'Equans de manière à rassurer les pouvoirs publics.