Comment Paul Hudson prépare le nouveau Sanofi >
Petit à petit, le patron de Sanofi, Paul Hudson, s'attelle à sa mission consistant à remodeler le groupe pharmaceutique que préside Serge Weinberg. Un processus qui passe inévitablement par un sérieux élagage du pipeline de nouvelles molécules, en particulier dans l'unité des médicaments généraux. Au début 2020, l'unité de médecine générale de Sanofi comptait plus de 350 familles de produits. D'ici à la fin de cette année, la société vise à réduire ce chiffre à environ 125, soit en cédant, soit en arrêtant des programmes. Et d'ici à 2025, l'objectif est de ne plus disposer que d'une centaine de familles de produits. Cet élagage devrait commencer avec quatre vaccins expérimentaux pour les adultes atteints d'herpès génital récurrent.
Toute cette flexibilité devrait laisser Sanofi ouvert à des mouvements au sein de la recherche et du développement, en transformant, par exemple, les portefeuilles d'oncologie et de neurologie de la société en pipelines à la pointe de l'industrie. Coté fusions et acquisitions, la stratégie reste la même. Sanofi va chercher à étoffer son pipeline de molécules, tout en restant disciplinée.
Paul Hudson a été nommé à la barre en 2019 et a pour mission, depuis, de raviver la réputation de Sanofi en tant que leader de la recherche sur les médicaments. Rien n'est donc exclu lorsqu'il s'agit de restructurer l'entreprise. Le directeur général a déjà éliminé une poignée de programmes l'année dernière, dont un médicament destiné aux patients en attente d'un traitement rénal, et un autre destiné à la thrombocytopénie immunitaire. Enfin, Sanofi prévoit de supprimer environ 6 000 emplois dans le but de devenir plus agile. Paul Hudson vise un effectif global d'environ 90 000 personnes d'ici à la fin de l'année.
À l'avenir, le Dupixent, indiqué dans le traitement de la dermatite atopique, devrait jouer un rôle très important dans la croissance de Sanofi. Le méga blockbuster a rapporté 1,6 milliard d'euros au dernier trimestre, en hausse de 45,7 %. Ce qui est considérable. Et encore, Sanofi estime n'en être qu'au début avec seulement 8 % de part de marché chez les adultes. Surtout, Sanofi est désormais concentrée sur les programmes d'ARN messager, après avoir annoncé l'été dernier son intention de dépenser 400 millions d'euros par an pour son effort d'ARNm. Paul Hudson a esquissé un investissement de plus d'un milliard de dollars pour un nouveau centre d'ARNm en France.