Les frères Wertheimer se sont versé 5 milliards de dividendes >
Selon nos informations, Alain et Gérard Wertheimer ont décidé de vider les réserves de Chanel. Puisque la société Chanel Limited, de droit anglais, qui consolide l'ensemble des filiales du groupe créé par Coco Chanel a versé 4987 millions de dollars (soit 4,77 milliards d'euros) à la société holding Litor Conseil dont les deux actionnaires à parité sont les deux frères Wertheimer. Cette société domicilée à Ugland House South Church St. dans la ville de George Town, la capitale de l'ile de Grand Cayman, va reverser à chacun des deux petits-enfants de Pierre Wertheimer – qui eut la bonne idée de racheter Chanel dans les années 1950 – près de 2,4 milliards d'euros. Et cela sans décaisser le moindre impôt ou bien la moindre flat tax. Puisque la particularité de ces îles paradisiaques à plus d'un titre, c'est qu'on n'y trouve ni impôt sur les sociétés, ni taxes foncières, ni droits d'apports, ni charges sociales, ni retenue à la source sur les dividendes.
Toute la question est de savoir pourquoi les deux principaux actionnaires ont décidé de « faire Charlemagne » en se versant un dividende bien supérieur au bénéfice et surtout aux liquidités détenues par le groupe Chanel dans ses différents comptes bancaires. Si bien que la maison de luxe va être obligée de s'endetter pour gâter les deux frères déjà multimilliardaires. La première hypothèse est qu'après une année sans dividende en raison de la pandémie les Wertheimer aient souhaité un rattrapage. La deuxième hypothèse est que face à la dégradation de la situation internationale, ils ont souhaité accroître leurs liquidités. La troisième solution enfin, c'est qu'ils envoient ainsi le signal que leur préoccupation n'est pas de développer la maison de luxe, mais de s'enrichir. Ce qui constitue une sorte d'appel d'offres aux principales maisons concurrentes afin qu'elles leur fassent des propositions de rachat. Hypothèse d'autant plus crédible que, depuis la mort de Karl Lagerfeld, Chanel semble se chercher un avenir entre LVMH, Kering et Richemont.