Novembre crucial pour l'avenir de Salto >
Les quelque 60 salariés de la plate-forme française de streaming seront fixés dans les prochains jours, « avant fin novembre », affirme une source en interne, sur la pérennité de Salto. Ses trois actionnaires à parité (33 %), TF1, M6 et France Télévisions, doivent en effet se réunir pour décider de l'avenir du « Netflix français », lancé en octobre 2020. Avec 900 000 abonnés payants, Salto n'est pas rentable et nécessite d'être recapitalisée pour perdurer. Or, deux des actionnaires, TF1 et France télévisions, rechignent à remettre au pot dans Salto pour des motifs différents. Le nouveau directeur général de TF1, Rodophe Belmer, souhaiterait se désengager. Il entendrait privilégier le site internet MYTF1, incluant un service gratuit de vidéo à la demande. De son côté, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, évoque en interne une visibilité budgétaire limitée, notamment en raison de l'arrêt de la redevance. Elle avait déjà indiqué son souhait de sortir de Salto, en cas de fusion, finalement avortée, de TF1 et de M6. Le rapprochement aurait eu pour conséquence de placer France Télévisions en minorité. Le groupe M6 resterait, quant à lui, dans l'expectative. Si la liquidation et l'arrêt de Salto constituent une hypothèse envisageable, sa reprise par un des actionnaires, ou par un groupe ou un producteur audiovisuel tiers, n'est pas exclue à ce stade. D'après un expert du secteur, « pour les maisons mères, Salto constitue, d'une part, un actif stratégique grâce à la data précise concernant près d'un million de familles consommatrices. La plate-forme de streaming leur assure, d'autre part, une expertise à part entière, différente de la télévision. Enfin, Salto leur permet de sécuriser les droits sur les séries françaises ». Autant d'atouts, face à la concurrence de Netflix, Amazon Prime Video et Disney+, auxquels pourrait également se montrer sensible un nouvel entrant dans le tour de table de Salto. Le nom du groupe Canal + est le plus souvent évoqué.