Pourquoi une ouverture du capital de SFR va être plus compliquée que prévu… >
Comme nous l'avions indiqué il y a quelques semaines, Vincent Le Stradic, associé-gérant de Lazard Frères, a été chargé, au mois d'août dernier, par Patrick Drahi de l'assister dans la consolidation de l'ensemble du passif d'Altice France. D'autant plus que les premières échéances financières importantes pointent leur nez en 2025. Et que dans le contexte actuel de hausse des taux d'intérêt, ce refinancement (environ 2,4 milliards d'euros dont 1 milliard en obligations) pourrait s'avérer plus complexe que prévu. Tous les banquiers que nous avons contactés expliquent que la situation financière d'Altice justifie que des solutions soient trouvées très rapidement. D'autant plus que la principale piste envisagée consiste en une ouverture du capital de SFR. Soit par vente de titres à des industriels ou des investisseurs. Soit dans le cadre d'une augmentation de capital. Selon les informations des Échos, un teaser circulerait, valorisant l'opérateur téléphonique à 8 fois son Ebitda. Un multiple élevé pour une participation minoritaire. Rappelons que, lorsque Patrick Drahi a racheté ses propres minoritaires il y a trois ans, il l'a fait sur la base d'un multiple de 6,3 fois l'Ebitda. Admettons qu'il y ait des acheteurs de titres SFR autour de 7 fois l'Ebitda, cela valoriserait la société entre 26 et 27 milliards d'euros (en valeur d'entreprise, donc dette incluse), alors qu'elle supporte (directement ou indirectement à l'égard de sa holding Altice France) un endettement de 23,8 milliards d'euros. Cela signifierait que l'« equity » de SFR ne vaut que 3 milliards d'euros… Autant dire que même une ouverture du capital à hauteur de 49 % ne semble pas de nature à résoudre la question de la consolidation du passif du groupe Altice. l