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Business / 12/05/2025

Télécoms Xavier Niel et Martin Bouygues prêts à s'affronter autour de SFR…

C'est seulement à la fin de cet été que la restructuration financière d'Altice France et d'Altice France Holding (basée au Luxembourg) sera finalisée. Cette renégociation de la dette des sociétés contrôlant SFR a été une aubaine pour Patrick Drahi, actionnaire de tête. Avant qu'elle démarre le magnat franco-israélo-portugais des télécoms détenait 100 % d'un actif qui ne valait plus rien, compte tenu de l'importance de la dette. S'il a accepté de transférer 45 % du capital d'Altice France aux créanciers et de leur verser 2,6 milliards d'euros, il est aujourd'hui actionnaire à hauteur de 55 % d'un actif dont la valeur d'entreprise est estimée autour de 25 milliards d'euros. Ce qui peut lui permettre de retrouver à titre personnel une « valeur d'equity » d'un peu moins de 5 milliards d'euros. Encore faut-il que SFR se vende au meilleur prix alors qu'en 2024 l'opérateur a enregistré une baisse de ses revenus et du nombre d'abonnés. Mais Patrick Drahi, dont on dit qu'il a tourné la page de son aventure dans les télécoms, peut compter sur la rivalité entre Bouygues Telecom et Iliad pour faire monter les enchères. Tout cela sous le regard vigilant d'Orange. D'autant que l'émirati Etisalat serait intéressé, au même titre que le saoudien STC. Sans compter les grands fonds d'infrastructures comme KKR, GIP (groupe BlackRock) et Ardian, même si eux ne pourront pas faire valoir des synergies.

L'autre condition pour que cette cession puisse avoir lieu, c'est que les autorités de la concurrence française et (ou) européenne permettent enfin une consolidation du marché français et la disparition d'une des quatre licences. Si Bouygues Telecom est à la manœuvre, le dossier sera examiné par le gendarme français de l'antitrust, Benoît Cœuré. Si c'est Iliad, cela se passera à Bruxelles, compte tenu de l'importance prise par le groupe de Xavier Niel à l'international (Pologne, Italie, Irlande, Suède). Il y a encore beaucoup de conditionnels dans ce dossier, mais compte tenu de du temps qui sera nécessaire à la résolution d'une telle transaction, chacun se dit que rien ne sert de courir si l'on ne part pas à point. Et sans doute que sur la ligne d'arrivée on retrouvera à la fois Orange, Bouygues et Iliad avec l'obligation de s'entendre de manière à préserver une saine concurrence. l

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