Pourquoi il y a tant de vendeurs à découvert d'actions Carrefour >
Le titre Carrefour a largement profité du fait que le leader français de la distribution n'est en rien impacté par les menaces de tarifs douaniers de l'administration Trump. Depuis le 9 avril dernier, l'action du groupe que dirige Alexandre Bompard a progressé de près de 10 % avant de reprendre le chemin de la baisse au cours des toutes dernières séances. Dans le même temps, la part du capital vendu a découvert passait de 0,99 % à 4,64 % avant de baisser à 2 %.
Si des investisseurs prennent des positions ouvertes à la vente, c'est qu'ils anticipent une baisse de l'action, et qu'ils la souhaitent. Le fonds Syquant Capital a vendu à lui seul des titres pour une part représentant 1,7 % du capital. Le très actif hedge fund Boussard & Gavaudan a vendu 0,9 % du capital. Selon le fournisseur de données S3 Partners, la part des « shorts » s'élevait il y a quelques jours à 7,3 %. Ce qui faisait de Carrefour l'une des actions les plus ciblées par les vendeurs à découvert en Europe après Swatch Group (où un activiste cherche à se faire entendre), Barry Callebaut, Saipem et Commerzbank. Selon les analystes de la banque privée Oddo BHF – qui sont très prudents sur la valeur en fixant un objectif de cours de 12 euros – il faut craindre le retour sur le marché d'une bonne part des 58 millions d'actions nouvelles qui viennent d'être émises au profit des anciens actionnaires minoritaires de la filiale brésilienne Atacadao.
Deux éléments permettent d'accréditer cette thèse. D'une part l'un des principaux vendeurs à découvert déclarés auprès de l'Autorité des marchés financiers est le fonds brésilien SPX Capital (vendeur de 1,03 % du capital) qui a commencé à céder des titres à partir du 17 avril, sans doute pour couvrir des clients ou des fonds brésiliens. D'autre part, les banquiers londoniens spécialisés dans ces opérations nous ont assuré que la famille Diniz, qui détient 8,83 % du capital et plus de 14 % des droits de vote, a couvert (par des financements structurés réalisés hors marché) une partie de sa participation. D'où l'écart entre les 4,64 % résultant des relevés AMF et les 7,3 % environ comptabilisés par S3 Partners.