L'État et la famille Saadé vont renflouer les caisses d'Eutelsat >
Gros défi pour Eutelsat, dont la capitalisation boursière n'est que de 1,7 milliard d'euros et qui veut procéder à une augmentation de capital de 1,5 milliard au cours des semaines à venir. Les discussions, jusqu'ici vaporeuses, semblent s'être débloquées il y a un mois après le remplacement de la directrice générale Eva Berneke par Jean-François Fallacher, qui était auparavant directeur général des activités françaises d'Orange. La nomination de ce dernier a ouvert la voie à une injection de liquidités supplémentaires dans l'entreprise par le gouvernement français. Les pouvoirs publics qui détiennent 13,59 % du capital d'Eutelsat, via Bpifrance Participations SA (représenté au conseil d'administration par Samuel Dalens) seraient d'accord pour porter à 30 % leur part dans l'opérateur de satellites. Idem pour CMA CGM, actionnaire à hauteur de 5,47 % et représenté au board par son responsable de transformation digitale Hadi Zablit. Autre actionnaire prêt à suivre : le Fonds stratégique de participations – détenu par un groupe de compagnies d'assurance françaises et représenté au conseil par Agnès Audier – qui détient 4,15 %. Le conseil d'administration d'Eutelsat est présidé par Dominique D'Hinnin, ancien directeur financier de Lagardère.
L'année dernière, Eutelsat a dû déprécier son goodwill à hauteur de 535 millions d'euros sur ses actifs en orbite terrestre géostationnaire, en raison d'une concurrence accrue sur le marché de la connectivité par satellite et d'une baisse de la demande de services vidéo. Surtout, un retard dans le déploiement du réseau terrestre de OneWeb a entraîné une croissance des revenus plus lente que prévu. En parallèle, Eutelsat doit investir environ 700 à 800 millions d'euros pour l'exercice en cours. La firme a commandé à Airbus 100 satellites dans le cadre de la modernisation et de l'expansion de la constellation OneWeb. Entre l'extension de ce réseau et sa participation à IRIS2, Eutelsat prévoit de dépenser entre 2 et 2,2 milliards d'euros d'ici la fin de l'exercice 2029. Et selon la plupart des projections, le groupe aura besoin de 4,2 milliards d'euros en plus d'ici 2032 pour la refonte de OneWeb et sa contribution à IRIS2.